Deux mois après le référendum britannique ayant consacré la victoire des partisans de la sortie de l’Union européenne et trois semaines avant le sommet informel des Vingt-Sept à Bratislava prévu le 16 septembre, la chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, François Hollande, et le président du Conseil italien, Matteo Renzi, se sont retrouvés, dans la soirée du 22 août sur l’île de Ventotene (Italie), pour un dîner destiné à esquisser des pistes de réflexion sur l’avenir de l’Union européenne (EUROPE 11580 et 11584).
La rencontre a eu lieu dans un endroit symbolique, connu pour être l’endroit où Altiero Spinelli, considéré comme l’un des pères fondateurs de l’UE, a été retenu prisonnier sous la dictature mussolinienne et y a co-écrit avec Ernesto Rossi en 1941 le Manifeste de Ventotene appelant notamment à une fédération des États européens pour lutter contre le nationalisme.
L’objectif de l’Italie, comme l’expliquait, jeudi 18 août le secrétaire d’État italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi, au Financial Times, était de pousser en faveur d’un sursaut d’intégration dans l’UE, démarche que ne soutiennent pas forcément les homologues de M. Renzi. Le Premier ministre italien souhaitait aussi mettre l’accent sur le renforcement du plan d’investissement 'Juncker', ambition que partage notamment Paris. Selon d’autres médias, les trois leaders devaient aussi discuter de la question migratoire, de la répartition des réfugiés au sein de l'UE et d'initiatives en matière de défense. Les politiques anti-terroristes étaient aussi à l'ordre du jour de la rencontre.
Du côté de la Commission européenne, l’on ne s’attendait pas, lundi 22 août, à de grandes annonces, a indiqué une source. Celle-ci a rappelé aussi que le président de l'institution européenne, Jean-Claude Juncker, s’entretient régulièrement sur l'avenir de l'UE à vingt-sept pays avec nombre de responsables politiques. Mercredi 14 septembre, lors de son discours sur l’état de l'Union qu'il prononcera à Strasbourg lors de la session plénière de rentrée du Parlement européen, M. Juncker devrait aussi dévoiler quelques pistes de réflexion, deux jours avant la réunion informelle de Bratislava.
De leur côté, les leaders des quatre pays dits de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) rencontreront aussi Angela Merkel, vendredi 26 août à Varsovie. La chancelière allemande se rendra, la veille à Prague, pour y rencontrer le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka. Début septembre, peut-être vendredi 9, un mini-sommet aura également lieu entre les pays du Sud de l’UE à l’initiative du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a rapporté l’AFP. La France, Malte, Chypre, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont été invités, selon l’agence citant un porte-parole du gouvernement français. (Solenn Paulic)