Les ONG de développement, soucieuses de voir la politique européenne de développement conserver sa vocation première - l’éradication de la pauvreté - ont rapidement réagi à la consultation publique lancée par la Commission européenne sur le futur 'Consensus européen pour le développement'.
World Vision,ONG chrétienne internationale de secours, de développement et de sensibilisation, spécialisée dans le travail avec les enfants, les familles et les communautés dans quelque 100 pays et régions du monde, demande à la Commission européenne d’éviter de politiser l’utilisation future de l’aide publique au développement dans le but de promouvoir les intérêts européens dans les pays tiers plutôt que le développement de ces pays, au premier chef.
“La politique de l’UE et de ses États membres ne doit pas intentionnellement utiliser l’aide au développement dans le but de promouvoir les intérêts de l’UE, que ce soit en matière de gestion des migrations, de sécurité ou de politique étrangère. La coopération au développement de l’UE doit se concentrer exclusivement sur l’éradication de la pauvreté, les inégalités, les injustices et la promotion des droits humains. Elle ne doit pas être compromise ou diluée pour le salut d’autres objectifs politiques”, a déclaré Justin Byworth, directeur exécutif du bureau de World Vision à Bruxelles, dans un communiqué publié lundi 22 août.
Et d’ajouter : “les enfants doivent demeurer au coeur de la vision de développement de l’UE pour les quinze prochaines années. Les enfants et les jeunes constituent la majorité de la population de nombreux pays en développement. Ils doivent pouvoir vivre avec les résultats de la mise en oeuvre des objectifs de développement durable (ODD) et être pleinement impliqués”.
Pour que les Objectifs universels de développement durable puissent être atteints à l’horizon 2030, l’ONG considère que le nouveau Consensus européen entre le Parlement, le Conseil et la Commission doit impérativement refléter trois engagements clés : l’aide au développement doit servir exclusivement des objectifs de développement, il convient d’intégrer le principe ‘ne laisser personne sur le chemin’ dans l’ensemble de la politique de développement et de pratiquer une plus grande ouverture aux nouveaux partenaires de développement, comme les entreprises, par exemple. World Vision appelle aussi à un effort conjugué des différents acteurs de développement et des donateurs comme l’UE et ses États membres pour mettre pleinement en oeuvre les ODD, avec la participation du secteur privé. (Aminata Niang)