Bruxelles, 29/07/2016 (Agence Europe) - Lentement, mais sûrement. C'est ainsi que l'on pourrait qualifier les progrès de la Commission européenne sur la présence de femmes aux postes de décision. Huit directions générales font toutefois office de mauvais élèves, selon le rapport annuel présenté au collège des commissaires, mercredi 27 juillet.
Pour rappel, la Commission s'est fixée en juillet 2015 comme objectif d'atteindre 40% de femmes aux postes d'encadrement supérieur et intermédiaire avant la fin de son mandat. Elle a réalisé depuis de légers progrès. Alors qu'elle enregistrait 27% de cadres supérieurs féminins et 31% de cadres intermédiaires en novembre 2014, elle en compte aujourd'hui respectivement 30 et 33%.
En ce qui concerne les nouvelles nominations, 18 postes d'encadrement supérieur sur 44 ont été attribués à des femmes entre le 1er novembre 2014 et le 1er juillet 2016. Pour les fonctions d'encadrement intermédiaire, 49 nouvelles recrues sur un total de 115 étaient des femmes. L'augmentation a été particulièrement significative aux postes de directeurs généraux et de directeurs généraux adjoints: la Commission est passée de 17 à 24 % de femmes chez les directeurs généraux et de 10 à 29% chez les directeurs généraux adjoints.
« Nous sommes en train de briser nos plafonds de verre et j'en suis très, très contente. C'était une décision réfléchie de se concentrer sur les postes de décision, car c'est là où nous étions les plus faibles et où nous voulions un signal. Mais nous avons beaucoup de travail » devant nous, a commenté la commissaire en charge du Budget et des Ressources humaines, Kristalina Georgieva, après la réunion du collège des commissaires.
Le point noir se trouve dans les grandes divergences entre différentes directions générales. « Il y en a certaines qui vont fantastiquement bien, et d'autres qui ne présentent pas des résultats si géniaux », reconnait la commissaire, qui s'est engagée à travailler avec ces dernières. Il s'agit notamment des DG informatique (DIGIT), aide humanitaire et protection civile (ECHO), environnement (ENV), service des instruments de politique étrangère (IPE), marché intérieur (GROW), service d'audit interne (IAS), lutte antifraude (OLAF) et du secrétariat général (SG).
Lors de son discours, la commissaire Georgieva ne s'est pas, par contre, exprimée sur l'état des discussions portant sur les quotas de femmes dans les grandes entreprises européennes. Pour rappel, la Commission avait proposé il y a trois ans et demi d'introduire un quota de 40% de femmes pour les postes non exécutifs dans les conseils d'administration des grandes entreprises européennes cotées en Bourse. Mais ce dossier semble bloqué au Conseil des ministres, l'Allemagne, la Slovaquie, le Royaume-Uni, la Pologne, le Danemark, la Croatie, la Suède, l'Estonie, la Hongrie et les Pays-Bas ne le soutenant pas. (Sophie Petitjean)