Bruxelles, 20/06/2016 (Agence Europe) - Les ministres européens des Finances ont approuvé, vendredi 17 juin, un projet de recommandation demandant aux pays de la zone euro de mettre sur pied, dans les 18 mois à venir, des autorités nationales de la compétitivité.
Autonomes dans leur fonctionnement et leur analyse, ces autorités nationales devront focaliser leurs activités sur les facteurs à long-terme ('long-term drivers') qui favorisent les gains de productivité et de compétitivité tels que « l'innovation, la capacité à attirer l'investissement, les entreprises ainsi que le capital humain », indique le corps du texte de la recommandation qui identifie aussi, dans sa partie 'considérants', d'autres facteurs tels que « l'accroissement des compétences et la réduction des rigidités sur le marché du travail et des produits ». Ces autorités sont également invitées à analyser les éléments liés aux coûts ou autres qui affectent les prix et la qualité des biens et services. Autant que possible, elles intégreront dans leur analyse une dimension européenne, au niveau de la zone euro ou de l'Union européenne.
La création de ces autorités favorisera l'appropriation des réformes structurelles au sein des États membres, a estimé le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem.
Dans sa proposition initiale, la Commission européenne avait envisagé la création d'autorités nationales de la compétitivité (EUROPE 11414). Le sujet étant sensible, notamment en raison du rôle des partenaires sociaux dans ce domaine, ces autorités ont donc été rebaptisées. La recommandation souligne également que les pratiques nationales et les organes compétents en matière de formation des salaires, devront être respectés. De même, le droit des travailleurs à conclure des conventions collectives et à défendre leurs intérêts, y compris via la grève, n'est pas altéré, conformément à la Charte des droits fondamentaux.
Reste que la Confédération européenne des syndicats (CES) est opposée à la proposition de créer de telles autorités. « Bien que le Conseil ait tempéré la proposition de la Commission », ces autorités ne sont « pas la bonne réponse aux défis auxquels l'économie européenne doit faire face », indique l'organisation dans un communiqué. « La compétitivité ne peut être réalisée en recourant au même type de réformes structurelles que celles qui ont été mises en oeuvre jusqu'à présent et qui n'ont pu engendrer une reprise durable. Des augmentations salariales et davantage d'investissements publics dans les infrastructures, la recherche, l'éducation et la formation sont les seuls moyens viables pour accroître la productivité en Europe », a déclaré Veronica Nilsson, secrétaire générale adjointe de la CES.
Le dossier est transmis au Conseil européen qui se réunira les mardi 28 et mercredi 29 juin. (Mathieu Bion)