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Bulletin Quotidien Europe N° 11567
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INSTITUTIONNEL / (ae) royaume-uni

La campagne sur le référendum sur le Brexit « ne pose pas les questions essentielles »

Strasbourg, 07/06/2016 (Agence Europe) - Le référendum sur le Brexit n'est pas inscrit à l'ordre du jour de la session plénière de Strasbourg - la dernière avant la possible sortie du Royaume-Uni - mais, de ce fait même, plusieurs députés parmi les tenants du maintien du Royaume-Uni dans l'UE l'ont évoqué devant la presse, mardi 7 juin à Strasbourg.

« Le débat au Royaume-Uni ne porte pas sur les deux questions essentielles, à savoir les conséquences géopolitiques d'un éventuel Brexit et la question de l'immigration », a déclaré Guy Verhofstadt, président du groupe ADLE. « Pour nous il y a trois menaces au partenariat euro-atlantique: Poutine, Trump et le Brexit. Il est essentiel qu'on évoque ces trois menaces ».

Gui Verhofstadt: « Un Brexit c'est plus d'immigration au Royaume-Uni ».

Constatant que la campagne pour le Brexit se sert de l'immigration pour plaider la sortie de l'UE, M. Verhofstadt a affirmé qu'après le Brexit, le problème de l'immigration sera, selon lui, plus grand qu'avant. « En vertu de l'accord du Touquet de février 2003 entre la France, l'Irlande et le Royaume-Uni, c'est en France que l'immigration est gérée. En cas de Brexit, cet accord sera caduc. Les migrants qui attendent à la frontière française traverseront la Manche, a -t-il dit. En outre, 1,2 million de citoyens britanniques vivant dans l'UE auront besoin de visas. Ce sera pour eux une charge administrative énorme, a-t-il fait valoir.

Manfred Weber, président du PPE a estimé, lui aussi, que la campagne sur le Brexit ne s'attaquait pas « aux questions majeures », mais c'est le TTIP et les grandes questions économiques qu'il a cités comme les grandes absentes du débat. « Nous sommes prêts à travailler avec le Royaume-Uni. Nous allons défendre les accords et les Traités et respecter les spécificités britanniques. Une sortie entraînerait des conséquences », a-t-il ajouté. Interrogé sur la place qu'auront les députés britanniques lors de la session plénière de juillet, le président du PPE a reconnu que la question restait sans réponse. « Le Traité ne dit pas grand-chose sur ce point. Le Royaume-Uni doit comprendre que la sortie de l'UE représenterait une perte d'influence. Le préjudice serait plus important pour ce pays que pour l'UE », a-t-il estimé.

Au nom de son groupe, Yannick Jadot (Verts/ALE, français) a rappelé que « les Verts sont contre le Brexit » pour la simple raison que « la sortie d'un État, comme la négociation à la carte, participe à la dislocation de l'Europe ». C'est la porte ouverte à ce que d'autres pays, comme la Pologne ou d'autres, fassent de même.

« Il faut un Parlement de la zone euro. Si la Grande-Bretagne sort de l'UE, il faut qu'ils paient le coût maximum », a-t-il dit. Et M. Jadot regretter: « Sur les questions essentielles - l'État de droit, les disciplines communes - l'UE est en train de lâcher. C'est une folie ». À la question de savoir comment il imagine une session plénière avec les collègues britanniques après le référendum, le député a répondu: « si la Grande-Bretagne sort de l'UE, elle ne peut plus avoir les avantages. Si elle continue à assurer ses responsabilités, en termes de contribution budgétaire, il faut qu'il y ait un contrôle budgétaire, dont il est normal que les députés britanniques restent ».

En réponse à la même question, Gianni Pittella, président du groupe S&D, a opté pour l'optimisme: « J'espère qu'on va sabler le champagne pour le BREXIN. Nous sommes favorables à un maintien, au bien-être de l'UE et du Royaume-Uni. La vie meilleure pour les Britanniques, c'est l'UE, à mes yeux ». (Aminata Niang)

 

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