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Bulletin Quotidien Europe N° 11567
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) Économie

La gauche européenne au PE critique le plan 'Juncker'

Bruxelles/Strasbourg, 07/06/2016 (Agence Europe) - Le plan 'Juncker' d'investissements a certes le mérite d'exister mais il rate sa cible, estiment les groupes Verts/ALE et GUE/NGL du Parlement européen.

« Actuellement, c'est le public qui prend des risques et le privé qui fait des profits. On ne voit pas les fruits de la politique d'investissement » notamment en termes de création d'emplois, a déclaré Miguel Viegas (GUE/NGL, portugais), mardi 7 juin. Il a également appelé de ses voeux l'instauration de « critères géographiques » de manière à mieux répartir les projets en discriminant positivement les pays et les régions désavantagées de l'Union européenne. « Le gros des investissements va à la France, au Royaume-Uni, à l'Allemagne », a-t-il en effet déploré, convaincu que les projets étaient sélectionnés par la BEI en fonction de leur rentabilité financière sans prendre en considération la cohésion territoriale.

Depuis le lancement du plan 'Juncker' l'automne 2015, un seul projet grec a obtenu une garantie publique du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS). Il s'agit d'un investissement dans une ferme agricole innovante en Crète qui a reçu un prêt de 15 millions d'euros garanti par le FEIS. Le plan 'Juncker', dont l'objectif est d'attirer plus de 300 milliards d'euros d'investissements additionnels sur trois ans, n'a pas vocation à privilégier une zone géographique ou un secteur d'activités.

Pour Yannick Jadot (Verts/ALE, français), le plan 'Juncker' finance certes des projets favorisant l'efficacité énergétique et l'essor des énergies renouvelables, « mais il n'ajoute rien au travail de la BEI ». « Il ne cible pas les PME ni les pays en difficulté. C'est de l'argent en plus, mais pour ce qui est de cibler les grands défis, c'est raté », a-t-il estimé.

En revanche, le groupe PPE appuie l'initiative de la Commission après un an d'existence alors que celle-ci souhaite d'ores et déjà sa prolongation (EUROPE 11563). Selon la Française Françoise Grossetête, « le plan d'investissement commence à porter ses fruits ». D'accord plus aller plus loin, elle a souligné l'importance de conserver le principal fondamental du plan 'Juncker', à savoir « financer des projets rentables économiquement et pas les dépenses de fonctionnement des États membres ». Dans la même veine, le patron du groupe chrétien-démocrate au PE, l'Allemand Manfred Weber, a insisté sur l'indépendance de la BEI dans le choix des projets, hors de toute considération politique. (Mathieu Bion et Aminata Niang)

 

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