Bruxelles, 07/06/2016 (Agence Europe) - La plupart des députés intervenant lors d'un débat sur la sûreté des installations nucléaires en Biélorussie, en ouverture de la session plénière du Parlement européen, lundi 6 juin, ont soulevé des préoccupations quant à la sûreté et la conformité avec les normes internationales en la matière de la future centrale nucléaire d'Astraviets, proche de la frontière avec la Lituanie.
Les députés ont demandé à la Commission si cette installation, qui doit entrer dans la première étape de sa mise en opération d'ici fin 2016, respectait les règles de sûreté nucléaire de l'UE, et ils l'ont exhortée à utiliser tous les instruments disponibles pour assurer qu'elle subisse des tests de résistance appropriés.
De nombreux députés ont souligné la nature transfrontalière de cette question, soulignant que les retombées d'une catastrophe ne pouvaient être contenues à l'intérieur des frontières d'un pays et en se référant à la catastrophe de Tchernobyl (ex-URSS, Ukraine). Plus globalement, la question de la sûreté nucléaire à travers l'Europe a été soulevée, plusieurs députés faisant valoir que de nombreuses installations dans l'UE et dans son voisinage étaient exploitées au-delà de leur durée de vie prévue.
Au nom de la Commission, le commissaire Christos Stylianides a rappelé que les tests de résistance nucléaire menés dans l'UE et les pays voisins étaient de compétence nationale et entrepris sur une base volontaire, conduits par les opérateurs et supervisés par les autorités nationales de régulation nucléaire.
La Commission prévoit que la Biélorussie, qui comme plusieurs autres pays voisins a confirmé en juin 2011 sa volonté d'entreprendre des tests de résistance de l'UE, rende son rapport national d'évaluation pour l'installation d'Astraviets en 2016-2017, a-t-il indiqué. Dès que la Commission aura reçu ce rapport national d'évaluation, elle organisera un examen par les pairs (peer review) de l'UE de cette installation, a-t-il précisé. « Si cela est déjà un développement positif, la Commission voudrait accélérer le processus de mise en oeuvre du test de résistance nucléaire en Biélorussie », a ajouté M. Stylianides, soulignant aussi la nécessité de renforcer l'indépendance du régulateur nucléaire biélorusse.
Relayant les inquiétudes de la Lituanie voisine, la Commission exige depuis plusieurs mois de la Biélorussie la conduite d'un test de résistance de la centrale d'Astraviets afin de déterminer la sûreté de la future installation (EUROPE 11497 et 11557). (Emmanuel Hagry)