Bruxelles, 03/05/2016 (Agence Europe) - Les dirigeants de l'UE - le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission, Jean-Claude Juncker - et le Premier ministre nippon, Shinzo Abe, ont affirmé, avant d'entamer leurs travaux à l'occasion d'une visite de M. Abe à Bruxelles, mardi 3 mai, le souhait des deux parties de conclure un accord de libre-échange d'ici la fin 2016.
« Nous allons donner un élan politique clair à nos négociateurs sur l'accord de libre-échange. J'espère que nous pourrons conclure les négociations pour l'accord de partenariat stratégique et l'accord de libre-échange) dans un avenir proche. L'UE est intéressée par un partenariat stratégique avec le Japon qui sera sous-tendu par un ambitieux accord commercial. Pour ce faire, les deux parties doivent faire preuve d'une volonté politique », a déclaré M. Tusk, lors d'un point presse précédant la réunion.
« Notre accord de libre-échange avec le Japon est très important. Nos négociations ont progressé, mais maintenant nous devons terminer le travail. Je suis convaincu que nous pourrons le faire avant la fin de cette année », a pour sa part assuré M. Juncker.
« Ce qui est important, c'est avoir un accord de principe le plus tôt possible au cours de cette année dans nos négociations pour un accord de partenariat économique, ainsi que la conclusion rapide d'un accord de partenariat stratégique », a commenté M. Abe.
Lancées en mars 2013, les négociations de libre-échange UE/Japon ont marqué le pas depuis le dernier sommet bilatéral en mai 2015. En marge du dernier sommet du G20 à Antalya, à la mi-novembre 2015, l'UE et le Japon avaient toutefois réaffirmé leur engagement à conclure un accord en 2016.
Le 15ème round des négociations, début mars, n'a pas permis d'avancer dans une négociation où les positions restent éloignées. L'UE veut toujours de nouveaux progrès dans tous les domaines, en particulier sur la levée des mesures non tarifaires, l'accès aux marchés publics, la protection des indications géographiques et l'élimination des tarifs sur les produits agricoles (EUROPE 11501).
La visite de M. Abe à Bruxelles mardi devait permettre de baliser le terrain pour le sommet du G7 à Ise Shima, les 26 et 27 mai. À cet égard M. Tusk a salué mardi la décision du Japon de mettre, à la demande de l'UE, la question des migrations et des réfugiés en haut de l'ordre du jour du sommet du G7. « C'est une crise mondiale. Nous devons favoriser une prise de conscience mondiale et encourager les autres pays à intensifier leurs efforts. La communauté internationale doit reconnaître que des pays comme le Liban ou la Jordanie fournissent un bien public mondial pour aider les réfugiés. Ce bien public doit être financé par la communauté mondiale », a commenté M. Tusk.
M. Juncker a pour sa part salué la décision du Japon de placer la question de l'investissement au coeur de l'agenda du G7. « L'investissement est vital. Cela va de pair avec les réformes structurelles et la gestion responsable des finances publiques », a-t-il commenté, appelant par la même occasion les investisseurs nippons à prendre part au plan d'investissement pour l'Europe qui a déjà mobilisé plus de 82 milliards d'euros dans les 10 premiers mois de sa mise en oeuvre. (Emmanuel Hagry)