Bruxelles, 03/05/2016 (Agence Europe) - Le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a réitéré sa conviction, mardi 3 mai, qu'un accord entre Athènes et ses créanciers institutionnels sur des mesures conditionnelles et préalables était « possible et nécessaire ».
« Il n'y a aucune raison que se reproduise un scénario de crise sur le programme grec tant la situation du point de vue du travail commun, des résultats et des réformes en cours est différente », a déclaré M. Moscovici en marge de la présentation à la presse des prévisions économiques de printemps de la Commission européenne (voir autre nouvelle).
Les négociations entre Athènes et ses créanciers, qui continuent à distance au niveau technique, sont suffisamment avancées pour qu'un Eurogroupe ait été convoqué lundi 9 mai. Mais elles achoppent toujours sur des mesures conditionnelles ('contingency measures') équivalentes à 2% du PIB que la Grèce devrait prévoir à l'avance mais n'appliquer qu'en cas de non-respect de sa trajectoire budgétaire devant la mener à un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 3,5% du PIB en 2018 (EUROPE 11543).
Invoquant l'impossibilité de légiférer de manière conditionnelle, les Grecs refusent que ces mesures, forcément impopulaires, soient trop précises et suggèrent à la place l'élaboration d'un mécanisme budgétaire à l'effet économique équivalent. Ce mécanisme « doit être législatif et automatique », a souligné M. Moscovici.
Un accord sur cette question ouvrirait la voie aux discussions sur un nouveau rééchelonnement de la dette grecque, ardemment souhaitée par Athènes pour faire avaler la pilule que constituent les réformes des retraites et de l'impôt et des coupes budgétaires supplémentaires.
Selon M. Moscovici, la Commission prévoit certes « une croissance légèrement négative » en Grèce en 2016 (-0,2% du PIB), mais le pays sortira de la récession au 2nd semestre grâce à un regain de confiance et aux effets positifs des réformes structurelles. Et en 2017, à politique inchangée, la Grèce devrait bénéficier d'une nouvelle dynamique de croissance à hauteur de 2,7% du PIB.
Côté budgétaire, le déficit grec devrait tomber à 3,1% du PIB cette année puis à 1,8% en 2017. La Commission pointe comme risques à la baisse les dépenses relatives à la crise des réfugiés et des retards dans la mise en oeuvre de réformes qui ont un impact budgétaire et comme risques à la hausse un dynamisme renouvelé dans la collecte de l'impôt. La dette publique grecque devrait culminer à 182,8% du PIB en 2016 contre 176,9% en 2015, en raison des reports du règlement d'arriérés et de décaissements du plan de sauvetage initialement prévus en 2015. Quant au chômage, il devrait se stabiliser à un niveau à peine inférieur à 25% de la population active avant de commencer à décroître en 2017 à la faveur d'un retour de la croissance.
Mardi, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a encouragé les ministres des Finances de la zone euro à « redoubler d'efforts » pour parvenir à un accord entre Athènes et ses créanciers dans le cadre de la 1ère mission de suivi du 3ème plan de sauvetage grec. (Mathieu Bion et Elodie Lamer avec Emmanuel Hagry)