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Bulletin Quotidien Europe N° 11545
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) Économie

La croissance résiste en Europe malgré un environnement extérieur qui se dégrade

Bruxelles, 03/05/2016 (Agence Europe) - La croissance restera stable dans l'Union européenne en 2016 par rapport à 2015 malgré un environnement international qui se dégrade, selon les prévisions économiques de printemps qu'a présentées la Commission européenne mardi 3 mai.

Grâce à la bonne tenue de la consommation, « la résistance de la croissance européenne est plutôt un bon signal », a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. Alors que l'environnement extérieur « se dégrade » en raison notamment du « rééquilibrage de la croissance chinoise » et d'une « décélération dans les économies avancées », il a estimé que la meilleure façon de tirer les leçons de cette situation était de poursuivre les réformes structurelles et de continuer à stimuler l'investissement.

Selon les prévisions de la Commission, la croissance devrait atteindre 1,6% du PIB en 2016 et 1,8% en 2017 (à politique inchangée) dans la zone euro, après 1,7% en 2015, et s'élever à 1,8% du PIB en 2016 et 1,9% en 2017 dans l'UE, après 2,0% en 2015. Les différences demeurent importantes selon les États membres. En 2016, les taux de croissance seront les plus élevés en Irlande (4,9% du PIB), en Roumanie (4,2%), à Malte (4,1%) et en Pologne (3,7%). La production de richesse sera supérieure à la moyenne européenne en Espagne (2,6%), proche de la moyenne européenne au Royaume-Uni (1,8%) et en Allemagne (1,6%) et inférieure à cette moyenne en France (1,3%) et en Italie (1,1%). Seule la Grèce devrait encore être en récession en 2016 (-0,3%) avant de renouer avec une croissance forte en 2017 (2,7%).

La poursuite de l'embellie économique en Europe aura des conséquences bénéfiques sur le chômage qui poursuivra sa décrue. En 2016, celui-ci devrait passer de 10,9% en 2015 à 10,3% de la population active dans l'Eurozone et de 9,4% en 2015 à 8,9% dans l'UE. « Malheureusement, la reprise économique s'accompagne d'un creusement des inégalités selon les revenus », a constaté M. Moscovici, pour qui cette situation constitue un enjeu socio-économique « majeur ». Et d'ajouter: « Cela montre que les gouvernements doivent agir pour rendre leur politique fiscale et leurs dépenses non seulement propices à la croissance, mais aussi plus justes et plus inclusives, et faire en sorte que les marchés du travail et des biens favorisent une égalité d'opportunités et découragent les comportements rentiers ».

Seuls quatre États auront un déficit supérieur à 3% du PIB

Malgré une orientation légèrement expansionniste en 2016, les déficits publics agrégés continueront de se réduire dans la zone euro, passant de -2,1% en 2015 à -1,9% du PIB en 2016, ainsi que dans l'UE, passant de -2,4% à -2,1% du PIB. Seuls quatre États membres auront cette année un déficit en termes nominaux supérieur à 3% du PIB, la limite fixée par le Pacte de stabilité et de croissance: l'Espagne (-3,9%) (EUROPE 11522), la France (-3,4%) (EUROPE 11531), le Royaume-Uni (-3,4%) et la Grèce (-3,1%). Le déficit portugais devrait repasser sous la barre des 3% du PIB en 2016 (-2,7%) (EUROPE 11488). À l'opposé, le Luxembourg (+1,0%) et l'Allemagne (+0,2%) devraient encore connaître un excédent budgétaire.

Plusieurs fois invité à commenter ces données au regard du Pacte, M. Moscovici a indiqué que la Commission présenterait, mercredi 18 mai, ses recommandations par pays sur la base des prévisions économiques de printemps et des programmes nationaux de stabilité et de réforme qui lui ont été transmis. « En général, les prévisions de la Commission sont justes », a insisté le commissaire, en référence à la polémique sur le projet de budget espagnol pour 2016 qui avait éclaté fin 2015 (EUROPE 11408). Sur la France, M. Moscovici a estimé que la cible d'un déficit inférieur à 3% du PIB en 2017 était « tout à fait jouable à condition que la France maintienne le cap de manière tout à fait sérieuse ». Toute annonce de baisse d'impôts (en vue des élections présidentielles de 2017) « devrait être aussitôt compensée », a-t-il souligné.

La trajectoire de la dette publique moyenne devrait continuer de baisser, passant de 92,9% à 92,2% du PIB dans l'Eurozone et de 86,8% à 86,5% du PIB dans l'UE. Là encore, les différences nationales sont importantes. La dette publique dépassera 100% du PIB dans cinq pays de la zone euro: la Grèce (182,8% du PIB), l'Italie (132,7%), le Portugal (126,0%), Chypre (108,9%) et, pour la première fois, l'Espagne (100,3%). Les pays les moins endettés sont l'Estonie (9,6% du PIB), le Luxembourg (22,5%) et la Bulgarie (28,1%).

À noter que les prévisions pour le Royaume-Uni ont été bâties à politique inchangée, c'est-à-dire sur la base du maintien du Royaume-Uni dans l'UE après le référendum britannique du 23 juin. L'incertitude qui entoure ce référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE constitue un risque pour la croissance, a souligné la Commission. (Mathieu Bion et Elodie Lamer)

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