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Bulletin Quotidien Europe N° 11525
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Le trafic de drogues reste toujours aussi rentable

Bruxelles, 05/04/2016 (Agence Europe) - Le rapport 2016 sur les drogues dans l'Union européenne, qu'ont présenté mardi 5 avril la Commission européenne, l'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) et Europol, révèle que les Européens dépensent en moyenne 24 milliards d'euros pour l'achat de drogues illicites chaque année, « ce qui en fait l'une des principales activités génératrices de profits pour les criminels organisés en Europe », souligne le rapport.

Le marché de la drogue représente d'une manière générale « 1/5ème des bénéfices du crime organisé mondial », a expliqué en introduction le commissaire européen aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos. Il connaît des ramifications importantes dans d'autres domaines, les groupes criminels concernés étant ainsi actifs dans le secteur de la traite des êtres humains ou le trafic d'armes. Le commissaire a également mentionné le lien avec les groupes terroristes dont certains membres ont été liés à des trafics de drogues, comme l'ont montré les récents attentats en Europe.

Pour le directeur d'Europol, Rob Wainwright, la tendance est à la diversification des activités, les groupes criminels ne se concentrant pas seulement sur le secteur des toxicomanies. Mais, si certains profils de criminels ont un passé dans les activités terroristes, le Britannique a estimé qu'aucun lien systématique n'existait entre trafics de drogues et crimes terroristes. Le directeur d'Europol a souligné la diversification des routes de la drogue avec, par exemple, l'héroïne venant depuis l'Afrique du Sud. L'UE est devenue aussi une plaque tournante pour les drogues synthétiques, certaines étant produites en Afrique du Sud et d'autres en Iran. De nouvelles routes apparaissent aussi via le Caucase du Sud pour l'héroïne.

Selon le directeur de l'OEDT, Alexis Goosdeel, le cannabis représente actuellement 38% des parts de marché de la drogue en Europe, contre 28% pour l'héroïne, 24% la cocaïne, 8% pour les amphétamines et les méthamphétamines et environ 3% pour l'ecstasy et la MDMA. Un grand nombre de nouvelles substances psychoactives sont vendues ouvertement en tant que substituts 'légaux' des drogues illicites, pointe aussi le rapport. « Le développement de ces substances ne montre aucun signe de ralentissement. Cent nouvelles substances ont été signalées pour la première fois en 2015 et le système d'alerte précoce de l'UE en surveille plus de 560 ». Comme celui des amphétamines, ce marché approvisionne les consommateurs à des fins récréatives et, de plus en plus, les consommateurs marginalisés. Les producteurs anticipent les contrôles légaux et réglementaires en développant sans cesse de nouvelles substances. Les chaînes de distribution mondialisées permettent de commander en ligne de grosses quantités de nouvelles substances psychoactives en Asie et de les transporter vers l'Europe où elles sont conditionnées et commercialisées tant ouvertement que clandestinement. « Il s'agit d'une activité à faible risque et à forte rentabilité, attrayante pour la criminalité organisée, et des cas de production en Europe ont été découverts », poursuit le rapport.

Quant au phénomène terroriste, sur lequel se concentre aussi le rapport, la « prudence est de mise lorsque l'analyse est fondée sur des événements passés », avertit le rapport. Et d'ajouter: « Néanmoins, au niveau international, il existe des éléments probants de certains liens entre des groupes de criminalité organisée impliqués dans le trafic de drogue et des organisations terroristes. Il en ressort qu'en général, ces liens ont un caractère principalement fonctionnel, les organisations terroristes utilisant le commerce de drogue pour financer leurs activités ».

En Europe, l'activité terroriste semble être de plus en plus fragmentée, menée par de petites cellules, voire des 'loups solitaires'. Et, bien que certaines de ces entités puissent financer leurs activités au moyen du trafic de drogue, aucun lien systématique ne semble exister car d'autres sources de financement semblent être plus fréquemment utilisées, selon le rapport. « Toutefois, bon nombre des personnes impliquées dans des activités terroristes, souvent des jeunes récemment radicalisés, ont un passé de petits délinquants, notamment via la consommation ou la vente de drogues, et exploitent de diverses façons leurs connexions avec le milieu criminel pour leurs activités terroristes ». (Solenn Paulic)

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