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Bulletin Quotidien Europe N° 11525
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

PINC 2016, les Verts dénoncent une stratégie nucléaire dangereuse

Bruxelles, 05/04/2016 (Agence Europe) - Le groupe Verts/ALE au Parlement européen a critiqué, lundi 4 avril, le programme indicatif nucléaire (PINC) 2016 dévoilé par la Commission, dénonçant une « stratégie dangereuse » visant à prolonger jusqu'à 60 ans la durée de vie des réacteurs en activité dans l'UE.

Le PINC 2016 « manque cruellement de rigueur »: ses prévisions pour le secteur nucléaire sont « déraisonnablement optimistes », voire « totalement irréalistes », notamment en ce qui concerne les coûts réels « largement sous-estimés », a déploré le groupe écologiste, dans un communiqué.

« Il est inquiétant que la Commission considère l'avenir du secteur nucléaire comme prometteur grâce à la prolongation de la durée de vie de certains réacteurs pouvant aller jusqu'à 60 ans. Cette approche est totalement irresponsable pour cette technologie à haut risque », critique la Française Michèle Rivasi, pointant du doigt « l'emprise » des partisans du nucléaire à des postes clés au sein de la Commission.

En outre, Mme Rivasi juge « scandaleuse » la sous-estimation des coûts de l'énergie nucléaire tant pour la construction de nouveaux réacteurs que pour la mise en conformité liée à la sécurité, le démantèlement des centrales et le traitement des déchets. « La Commission ferait bien de se tourner vers le Royaume-Uni où le projet de réacteur Hinkley Point C est un véritable fiasco », insiste-t-elle.

La Commission évalue à 623 millions d'euros le coût du démantèlement d'une centrale nucléaire en France quand la Cour des comptes française avance le montant de 1,7 milliard d'euros, s'agace son collègue luxembourgeois Claude Turmes, regrettant que « la Commission ignore le fait que le nucléaire n'est plus en mesure de rivaliser avec les énergies telles que l'éolien ou le solaire ».

« Tout en reconnaissant que des milliards d'euros nécessaires au démantèlement des centrales et la gestion des déchets nucléaires sont manquants, la Commission ne suggère aucune piste pour y remédier. Sa seule réponse consiste à proposer la prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires. Une option qui est, de surcroît, en contradiction avec les traités de l'UE et le principe du pollueur-payeur », insiste-t-il.

Selon le PINC 2016, jusqu'à 755 milliards d'euros d'investissements seront nécessaires dans le cycle nucléaire de l'UE d'ici 2050, dont plus de 250 milliards d'euros pour le démantèlement des installations nucléaires en fin de vie et la gestion des déchets radioactifs (EUROPE 11524).

S'appuyant sur une étude préparée par l'agence d'étude sur l'énergie Wise, proche du mouvement antinucléaire, et dévoilée à la mi-mars, le groupe Verts/ALE juge « illusoire » le PINC 2016. Cette étude conclut notamment que les besoins d'investissement présentés par le PINC 2016 sont sous-estimés d'au moins un tiers pour les nouveaux réacteurs et d'au moins la moitié pour l'extension de vie, tandis que les coûts pour le déclassement et la gestion sont sous-estimés de plus de moitié (EUROPE 11512). (Emmanuel Hagry)

 

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