Luxembourg, 05/04/2016 (Agence Europe) - Le président de la Banque européenne d'investissement (BEI), Werner Hoyer, a rappelé avoir prévenu depuis septembre 2015 que le dossier migratoire aboutirait un jour ou l'autre sur la table des ministres des Finances de l'UE, lundi 4 avril.
La situation migratoire dans l'UE « requiert des investissements » à trois niveaux, a souligné l'ancien ministre allemand, à un groupe de journalistes au siège de l'institution européenne à Luxembourg: - dans un premier temps pour un accueil adéquat, l'enregistrement des personnes ; - afin d'aborder la situation des pays de transit, et ; - dans les pays de destination (intégration, éducation, soins de santé). En septembre 2015, la BEI avait déjà fait part de sa disponibilité à aider financièrement les États et les collectivités territoriales de l'UE dans leur effort d'accueil des réfugiés bénéficiant d'un droit d'asile (EUROPE 11387).
Aux critiques selon lesquelles, en agissant de cette manière, l'UE soignera les symptômes et non les causes de la crise migratoire, M. Hoyer a rappelé que le changement climatique provoquait lui aussi des flux migratoires. « Quand je parle à certains partis politiques dans certains pays de l'UE, je me demande s'ils prennent le changement climatique au sérieux », s'est-il inquiété.
Le plan 'Juncker' a décollé
L'ancien élu libéral allemand a porté un regard plus positif sur la concrétisation du plan 'Juncker' censé attirer 315 milliards d'euros d'investissements supplémentaires dans l'UE sur trois ans (EUROPE 11511). Après moins d'une année d'activité, celui-ci va « bien au-delà des attentes », selon lui.
Le plan 'Juncker' couvre 20 États membres, selon Roger Havenith, directeur exécutif adjoint du Fonds européen d'investissement (FEI). Selon les derniers chiffres, le FEI a déjà mobilisé via le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) 3,4 milliards d'euros de garanties publiques ayant permis de lever 46,1 milliards d'euros pouvant bénéficier à près de 132 000 petites et moyennes entreprises européennes. L'effet multiplicateur promis initialement par la Commission était de 15 euros investis dans l'économie réelle pour 1 euro apporté en garantie par le FEIS. Selon M. Havenith, ce multiplicateur varie et peut parfois atteindre un rapport de 1 à 30. La rapidité de mise en oeuvre du plan 'Juncker' a été « un signal fort » adressé aux investisseurs, s'est réjoui M. Havenith. (Elodie Lamer)