Bruxelles, 05/04/2016 (Agence Europe) - Le rôle positif que peut jouer le Parlement européen dans le cadre du 3ème plan de sauvetage grec a été souligné, mardi 5 avril, lors d'une conférence du groupe GUE/NGL critiquant l'austérité économique excessive imposée par les plans de sauvetage financier dans la zone euro.
Le groupe de travail sur les programmes d'assistance financière du PE est « une tentative » visant à accroître la légitimité démocratique des plans de sauvetage au niveau européen, a déclaré le président de la commission des affaires économiques et monétaires, Roberto Gualtieri. Il a estimé que la récente mission de ce groupe de travail, la semaine dernière à Athènes (EUROPE 11522), avait permis aux députés de glaner des informations plus détaillées qu'à l'habitude sur les négociations en cours entre la Grèce et ses créanciers. « Avant, nous étions simplement des spectateurs. Désormais, nous ne savons pas tout mais beaucoup plus », a-t-il estimé, même si le Parlement européen n'est pas directement impliqué dans les négociations.
Selon Ernest Urtasun (Verts/ALE, espagnol), le groupe de travail du Parlement est « une aubaine » qui permettra aux eurodéputés de critiquer les efforts demandés aux Grecs qu'ils jugeraient déraisonnables. Il a prôné une réforme en profondeur de la gouvernance des plans de sauvetage financier de la zone euro en accordant un rôle central de contrôle démocratique au Parlement européen.
Dans le cadre de la réflexion sur l'avenir de l'Union économique et monétaire (UEM), le fonctionnement de l'Eurogroupe et certaines activités de la BCE doivent être revus, a considéré l'élu catalan. Elisa Ferreira (S&D, portugaise) a rappelé que la réforme du Pacte de stabilité et de croissance ('2 pack') avait permis de timides avancées pour accroître la légitimité démocratique des plans de sauvetage. La Commission européenne est désormais le pilote, et non plus le secrétariat technique, des missions de suivi des créanciers institutionnels d'un pays sous tutelle. En outre, le rôle des partenaires sociaux, notamment dans les mécanismes de formation des salaires, doit être préservé, a-t-elle affirmé. (Mathieu Bion)