Bruxelles, 04/02/2016 (Agence Europe) - Le Parlement européen a voté, jeudi 4 février, une résolution sur les régions insulaires en vue d'attirer l'attention de la Commission européenne sur les spécificités et handicaps auxquels sont confrontées les îles européennes.
Les eurodéputés regrettent ainsi que les caractéristiques et les particularités communes aux îles, pourtant prévues dans l'article 174 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), ne soient pas prises en compte pour la période 2014-2020, alors que celles-ci sont « nettement » distinctes des caractéristiques des régions continentales.
Dans ce cadre, les parlementaires demandent à la Commission: - de définir clairement le type de handicaps naturels ou démographiques permanents visés à l'article 174 ; - de déterminer les instruments et les moyens spécifiques de la politique de cohésion en vue de corriger les handicaps de l'insularité ; - de clarifier les moyens qu'elle compte mettre en oeuvre pour vérifier le respect des conditions visées à l'article 174 ; - de prendre en compte des indicateurs autres que le PIB, qui intégreraient les spécificités des régions insulaires, telles que l'indice régional de compétitivité.
Lors des débats qui ont précédé le vote, cette dernière question a occupé nombre d'interventions d'eurodéputés, à l'instar de Rosa D'Amato (ELDD, italienne) qui a cité le cas de la Sardaigne, dont le PIB est bon, mais qui souffre d'un fort taux de chômage et d'une mauvaise connectivité énergétique et numérique. Ici, la commissaire à la Politique régionale, Corina Cretu, s'est montrée prudente. « Malheureusement, les données ne sont pas suffisamment précises pour l'instant pour refléter les spécificités de toutes les régions insulaires », a-t-elle reconnu, avant d'ajouter que la Commission allait investir dans les collectes de données dans le cadre du prochain rapport sur la politique de cohésion. Certains eurodéputés ont avancé l'idée d'intégrer l'indice de développement humain.
En plus de la gestion des flux des réfugiés, du chômage et de la démographie en berne, l'un des principaux points soulevés par les eurodéputés a été celui des transports insulaires et de leurs coûts. Certains eurodéputés ont cité le cas de la « double insularité » de certains archipels, comme les Açores, où le coût des transports intérieurs est excessif et entrave l'essor économique de ces îles. D'autres ont mis en avant l'isolation géographique de certaines îles, qui nécessite jusqu'à quatre vols pour atteindre Bruxelles. La commissaire a botté en touche, indiquant que la question des transports relevait de la souveraineté des États membres. Elle a cité cependant des cas de bonnes pratiques, selon elle, tels que la France ou l'Espagne, qui subventionnent les transports insulaires.
Plusieurs eurodéputés grecs, à l'instar de Nikolaos Chountis (GUE/NGL, grec), se sont par ailleurs inquiétés des conséquences de la suppression de la TVA réduite des îles grecques. Selon le député, la TVA réduite a été mise en place explicitement en vue de contrebalancer les handicaps économiques des îles grecques. Il a par ailleurs ajouté que de telles dispositions existaient ailleurs en Europe. La commissaire a indiqué qu'en ce qui concerne la République hellénique, elle avait demandé de « prendre des mesures extraordinaires pour faire face à une situation extraordinaire » et considérait que la Commission avait « fait tout ce qui était possible pour la Grèce ». (Pascal Hansens)