Strasbourg, 02/02/2016 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, mardi 2 février à Strasbourg, son rapport d'évaluation sur la situation migratoire de la Grèce et la façon dont elle gère les frontières extérieures de l'UE. Son projet de rapport, dévoilé le 27 janvier dernier, a reçu le feu vert du comité d'évaluation Schengen le 29 janvier, qui réunit les États membres et pourrait préparer l'activation de l'article 26 du Traité de l'UE permettant à plusieurs pays de procéder de manière coordonnée à des contrôles à leurs frontières internes en cas de défaillances sérieuses en certains points des frontières communes de Schengen.
Si la Commission s'en défend et continue de nier que ses travaux permettront aux États membres d'isoler la Grèce, ce rapport ressemble toutefois à l'activation de l'article 19 du Traité qui précède l'article 26. Ce rapport adopté par le collège des commissaires le 2 février adresse ainsi à la Grèce une série de recommandations pour remédier à ses défaillances constatées lors d'une mission d'évaluation en novembre, reconnaît elle-même la Commission dans un communiqué.
À Strasbourg, le vice-président Valdis Dombrovskis, qui s'exprimait mardi pour la seconde fois sur la Grèce et l'espace Schengen, a toutefois tenu à dire que la Grèce avait effectué des progrès et travaillait à remédier aux difficultés, mais les recommandations restent valables pour l'enregistrement des migrants, la prise d'empreintes digitales, l'enregistrement des documents de voyage et leur vérification par rapport aux diverses bases de données policières européennes comme le SIS ou celles d'Interpol.
« Il faut aussi plus de patrouilles de navires, d'hélicoptères et un nombre suffisant de navires », a dit le responsable européen. « Notre capacité de préserver l'absence de contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen dépend de notre aptitude à gérer efficacement nos frontières extérieures. Aujourd'hui, nous proposons une série de recommandations visant à garantir qu'à toutes les frontières extérieures de la Grèce les contrôles sont exécutés et mis en conformité avec les règles de Schengen », a commenté de son côté, dans un communiqué, le commissaire Dimitris Avramopoulos.
La Grèce est aussi sommée de fournir les installations d'hébergement nécessaires pendant la procédure d'enregistrement et de lancer des procédures de retour pour les migrants en situation irrégulière qui ne sont pas demandeurs d'asile ni n'ont besoin d'une protection internationale. « La surveillance des frontières devrait être améliorée, notamment par la mise en place d'un système d'analyse des risques et l'accroissement des formations à l'intention des garde-frontières. Des améliorations devraient également être apportées aux infrastructures et aux équipements aux points de passage frontaliers », explique encore un communiqué. En théorie, en vertu de l'article 19, la Grèce aurait trois mois pour mettre en oeuvre ces recommandations même si la Commission refuse de spécifier qu'elle se situe actuellement dans le cadre de l'article 19. (Solenn Paulic)