Bruxelles, 02/02/2016 (Agence Europe) - À l'origine de la plainte qui a conduit la Commission à décider, jeudi 28 janvier, d'imposer des droits antidumping provisoires (de 9% à 13%) sur les importations de barres en acier chinoises utilisées pour le béton armé, l'association des producteurs européens d'acier, Eurofer, juge le niveau de ces taxes insuffisant pour dissuader la Chine de pratiquer le dumping à un degré plus large.
« Des droits antidumping provisoires de 9% ne peuvent pas réparer le dommage immense causé par l'essor massif des importations de barres en acier d'armature chinoises qui ont capturé une part de 46% du marché européen en moins de deux ans en partant de zéro », s'est insurgé Eurofer, lundi 1er février.
Bien que la Commission ait constaté que ces produits chinois ont été vendus dans l'UE à un prix de dumping de plus de 66%, les droits antidumping imposés ne sont qu'une fraction de la marge de dumping en vertu de la 'règle du droit moindre', qui conduit l'UE à réduire le niveau de ses taxes antidumping si le niveau calculé du dommage causé par le dumping est inférieur au niveau du dumping, regrette l'association.
« La même enquête antidumping aux États-Unis aurait conduit à l'imposition de mesures allant jusqu'à 66%, ce qui reflète les niveaux de dumping sans aucun ajustement à la baisse. Des droits antidumping de 9% sont une goutte d'eau en termes de sauvegarde de l'industrie européenne contre l'inondation des importations déloyales en provenance de Chine », insiste-t-elle.
Pour Eurofer, ce cas est à examiner dans le cadre plus vaste de la question de l'octroi par l'UE du statut d'économie de marché à la Chine, qui rendrait encore plus difficile pour l'UE de calculer des droits antidumping dissuasifs contre les exportations déloyales de produits chinois.
L'abandon de la 'règle du droit moindre' - tel que proposé par la Commission lors du dernier exercice de révision des instruments de défense commerciale de l'UE -, lorsque le pays exportateur impose des restrictions à l'exportation de matières premières, aurait permis d'imposer une marge de dumping jusqu'à 66% dans le cas des barres d'armature en acier chinoises, puisque la Chine impose des restrictions à l'exportation de matières premières métallurgiques comme le minerai de fer, d'acier et d'alliages, note l'association.
Mais cette proposition a été bloquée par une minorité de pays au Conseil, dont le Royaume-Uni, qui est le seul marché de ce produit en Europe, déplore-t-elle. (Emmanuel Hagry)