Strasbourg, 02/02/2016 (Agence Europe) - Les eurodéputés réunis en plénière ont tenu un nouveau débat, mardi 2 février, sur la situation migratoire dans l'UE et sont revenus sur certains événements récents comme les agressions sexuelles du Nouvel An en Allemagne ou bien sur certains plans diffusés dans les médias qui pourraient laisser penser que le refoulement de migrants serait permis.
Mais le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, a rapidement rassuré les élus sur le fait que le principe de non-refoulement des migrants restait un principe phare dans l'UE ; alors que les arrivées de migrants étaient en moyenne au nombre de 2 000 par jour en janvier selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le ministre a encouragé les États membres à mettre en oeuvre les décisions prises, notamment sur les hotspots. Des progrès sont réalisés, mais la Grèce et l'Italie ont encore été priées de fournir des efforts en la matière. Sur la relocalisation, seulement « 400 personnes ont été relocalisées jusqu'ici, ce n'est pas assez », a dit le ministre, expliquant qu'il n'y avait pas assez de volontaires et que la Présidence néerlandaise avait entamé cette semaine des discussions avec les États membres, en particulier avec les pays les plus réfractaires, pour les inciter à s'engager davantage.
Sur l'avenir de l'espace Schengen, le ministre a expliqué que la Présidence était déterminée à préserver l'intégrité de la zone, cela alors que le Danemark a annoncé le 2 février qu'il prolongeait ses contrôles à sa frontière intérieure jusqu'au 23 février.
Le commissaire européen Dimitris Avramopoulos a, lui, insisté sur le fait que la Commission n'avait aucune intention d'exclure un pays de la zone Schengen, comme la Grèce qui fait pourtant l'objet d'une surveillance étroite de sa part (voir autre nouvelle). Le responsable a également rappelé qu'il fallait rapidement renvoyer les migrants ne pouvant prétendre à la protection internationale dans leur pays d'origine.
Du côté des eurodéputés, Manfred Weber, chef de file du PPE, a rappelé l'importance de l'intégration pour les migrants et « ceux qui ne partagent pas les valeurs d'un pays doivent en partir », a-t-il dit. L'Allemand faisait notamment référence aux incidents du Nouvel An à Cologne. Pour Guy Verhofstadt, chef de l'ADLE, il est urgent, dans le contexte actuel, d'agir sur la base de l'article 78.3 et de prendre de nouvelles mesures d'urgence. Il faut aussi éviter de donner 3 milliards d'euros au gouvernement turc et faire en sorte que cet argent aille directement vers les réfugiés en Turquie, mais aussi au Liban et en Jordanie. (Solenn Paulic)