Bruxelles, 28/01/2016 (Agence Europe) - Le gouvernement grec s'est ému, mercredi 27 janvier, de l'entreprise d'« isolement médiatique » que subit la Grèce dans la gestion de la crise des réfugiés et a répété qu'il faisait tout ce qui est en son pouvoir pour remplir ses obligations.
Le jour même, la Commission européenne avait confirmé avoir lancé une évaluation pouvant conduire, en dernier ressort, au retour des contrôles aux frontières nationales au sein de l'espace Schengen pour une durée maximale de 2 ans (articles 19 et 26 du Code Frontières Schengen) (EUROPE 11477).
Dans une déclaration, le gouvernement grec a souligné que la mission d'évaluation de la Commission nourrissant ce rapport d'évaluation avait eu lieu mi-novembre dans le pays et que les conditions étaient alors très différentes de ce qu'elles sont aujourd'hui.
Jeudi 28 janvier, la Commission a admis que le rapport d'évaluation, dévoilé la veille par le vice-président Valdis Dombrovskis, tiendrait effectivement compte des mesures mises en oeuvre en Grèce depuis novembre dernier. « Tous les efforts entrepris entre-temps seront bien sûr pris en compte », a expliqué Natasha Bertaud, porte-parole de l'institution. Une fois finalisé, ce rapport sera soumis pour adoption aux ministres de l'Intérieur et de cette adoption dépendra l'activation ou non des articles 19 et éventuellement 26 du Code Frontières Schengen.
Selon la porte-parole du gouvernement grec, Olga Gerovasili, l'action la plus pertinente pour gérer les flux migratoires dépend essentiellement de la Turquie et de son respect du plan d'action entre l'UE et la Turquie acté en novembre (EUROPE 11440). « Cependant l'accord UE/Turquie n'avance pas » et « personne en Grèce n'en est responsable », a-t-elle observé.
La Grèce a demandé de manière répétée l'augmentation des ressources humaines et logistiques de l'agence européenne Frontex de gestion des frontières extérieures de l'UE, a poursuivi la porte-parole, pour qui les réponses à ces demandes ont été partielles. Elle a souligné que le programme de relocalisation de 160 000 demandeurs d'asile ne fonctionnait pas avec seulement « 414 personnes relocalisées ». En outre, en dépit des accords internationaux, la réadmission de migrants irréguliers par leur pays d'origine, y compris la Turquie, a montré des résultats « proches de zéro », a considéré Mme Gerovasili. Qui conclut: « La Grèce fait tout ce qui est possible et se surpasse pour répondre à ses obligations (et) nous attendons que tout le monde en fasse de même ».
Lundi 25 janvier à Amsterdam, en marge de la réunion informelle des ministres européens de l'Intérieur, les deux ministres grecs compétents avaient demandé à leurs partenaires d'assumer leurs responsabilités et de cesser de dénigrer la Grèce (EUROPE 11475). (Solenn Paulic)