Bruxelles, 28/01/2016 (Agence Europe) - La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a fait de la conclusion des négociations pour un accord d'investissement entre l'UE et la Chine et du désengagement de l'État dans l'économie chinoise deux conditions préalables à d'éventuels pourparlers pour un accord de libre-échange entre les deux partenaires, lors d'un événement organisé par la Chambre européenne de Commerce en Chine, jeudi 28 janvier à Bruxelles.
Mme Malmström a d'abord estimé qu'un « ambitieux » accord UE/Chine sur l'investissement était « à portée de main ». Les négociateurs de la Commission et du gouvernement chinois se sont entendus, à la mi-janvier, sur la portée de ce futur accord et ils ont établi un texte sur la base duquel ils travailleront dans la phase finale des négociations, a-t-elle confirmé (EUROPE 11469).
Cet accord aura quatre avantages, a souligné la commissaire: il garantira aux investisseurs européens un meilleur accès au marché chinois et il encouragera leurs homologues chinois à investir davantage en Europe ; il garantira aux entreprises des deux parties d'opérer, quelle que soit leur origine ou leur structure de propriété, sur le marché de l'autre en situation de concurrence ; il protègera les investisseurs chinois dans le cadre d'un accord unique qui remplacera les 26 accords bilatéraux existants entre les pays de l'UE et la Chine ; il offrira plus de sécurité juridique et améliorera l'équilibre entre la protection des investissements, le développement durable et la capacité des États de réglementer dans l'intérêt public ; il offrira une « source d'inspiration » à la Chine pour des efforts plus larges sur la réforme de son régime d'investissement.
Sur la question de l'octroi par l'UE du statut d'économie de marché à la Chine et de la modification de la méthode de calcul dans les enquêtes antidumping, Mme Malmström a jugé le débat « encore tout à fait prématuré ». « Ce qui est clair, c'est que certaines dispositions du protocole d'adhésion de la Chine à l'OMC relatives à cette question vont expirer en décembre. La Commission examine actuellement les implications, y compris l'impact économique de tout changement à nos règles antidumping. Nous examinons cela avec tous les États membres et tous les secteurs », a-t-elle assuré.
Enfin, Mme Malmström a assuré que l'UE prenait « au sérieux » la demande de la Chine de négocier un accord bilatéral de libre-échange. « Nous pouvons être favorables à un tel accord à condition que deux conditions soient remplies: avant toute prochaine étape, nous devons parvenir à un bon résultat sur les négociations sur l'investissement ; en outre, la Chine doit faire des progrès dans ses réformes internes et, en particulier, l'objectif de donner au marché un rôle plus décisif », a-t-elle expliqué.
« Tout accord de libre-échange avec l'UE devra traiter de toute une gamme de questions liées à la création d'une situation de concurrence équitable pour l'industrie européenne sur le marché chinois. Cela nécessite que l'État, qui agit comme un opérateur économique, devienne un organisme de réglementation économique. Cela nécessite aussi de laisser les entreprises non efficaces faire faillite et de faire des ajustements pour réduire les surcapacités », a ajouté la commissaire.
« Les surcapacités dans l'acier ne sont tout simplement pas durables pour l'économie ni viables pour l'environnement. Des millions de tonnes de CO2 sont émises pour produire de l'acier et du ciment pas chers que personne ne veut acheter. Des centrales au charbon très polluantes génèrent de l'électricité pour produire de l'aluminium et d'autres matières premières malgré une faible consommation intérieure. Il y a un besoin urgent d'adapter l'offre, et ce sera le vrai test des réformes en Chine », a-t-elle conclu. (Emmanuel Hagry)