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Bulletin Quotidien Europe N° 11454
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) uem

Réduire et partager les risques financiers vont de pair, selon M. Dijsselbloem

Bruxelles, 15/12/2015 (Agence Europe) - Pour le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, le renforcement de l'Union économique et monétaire (UEM) passe à la fois par des progrès sur la réduction et le partage des risques financiers.

« Approfondir l'UEM, cela signifie partager les risques et aussi faire des progrès en matière de réduction des risques », a déclaré M. Dijsselbloem, mardi 15 décembre, lors d'un débat en session plénière du Parlement européen. Il s'est dit « intimidé » d'intervenir pour la 1ère fois en sa qualité de président de l'Eurogroupe. À tel point qu'il a prononcé son discours au pupitre de l'hémicycle normalement réservé aux chefs d'État ou de gouvernement, comme le lui a malicieusement fait remarquer le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Pour M. Dijsselbloem, réduire les risques financiers par des moyens privés est « aussi important » que le faire par des moyens prévoyant une intervention publique. Il a donc plaidé pour une application exhaustive à partir de janvier 2016 des dispositions sur le renflouement ('bail-in') en cas de défaillance d'une banque européenne (directive 'BRRD'), pour une limitation des options et discrétions nationales contenues dans la législation prudentielle bancaire et une réduction de l'exposition des institutions financières au risque souverain. Avancer sur ces éléments est « aussi important » que mettre sur pied un système européen de garantie des dépôts bancaires (EDIS) et un filet de sécurité ('backstop') pour le Fonds unique de résolution (SRF), le bras financier du volet 'résolution' de l'union bancaire en zone euro, a-t-il insisté.

Ce débat sur la réduction et le partage des risques financiers a rejailli lors du Conseil Ecofin qui a tenu un premier débat, mardi 8 décembre, sur la proposition EDIS, le troisième pilier de l'union bancaire (EUROPE 11448). Pour l'Allemagne, il faut d'abord réduire ces risques avant d'achever l'union bancaire, alors que d'autres pays veulent agir en parallèle afin de partager et de réduire les risques financiers.

Au nom de la Commission, Jean-Claude Juncker a estimé que rien n'était plus urgent que de « protéger les économies de nos citoyens et de renforcer leur confiance dans le secteur bancaire ».

Une version datée du lundi 7 décembre du projet de conclusions sur l'UEM du sommet européen des 17-18 décembre soulignait que les travaux menant à une réduction ultérieure des risques financiers et à un affaiblissement du lien entre crises bancaires et crises de la dette publique devraient progresser « en parallèle » des travaux sur le système EDIS. Le projet de texte, daté du lundi 14 décembre et dont EUROPE a eu copie, se contente de plaider pour des avancées rapides sur l'union bancaire afin d'améliorer la stabilité financière.

Recommandation de la zone euro. A été salué lors du débat le fait que la Commission ait anticipé la présentation de la recommandation de politique socio-économique au niveau de la zone euro afin que les Dix-neuf en tiennent compte dans l'adoption de leur budget 2016 (EUROPE 11439). Roberto Gualtieri (S&D, italien), qui préside la commission affaires économiques et monétaires, a vu dans cette initiative « un changement de concept » démontrant que l'Eurozone est bien plus qu'une simple union monétaire.

Le débat a illustré les divisions qui règnent au sein du Parlement européen sur la politique socio-économique à suivre en Europe, les députés n'ayant pas été en mesure d'adopter en octobre une position commune sur le processus budgétaire du 'Semestre européen' (EUROPE 11421). D'un côté, la droite pro-européenne plaide pour des efforts accrus en matière de compétitivité. À gauche, on souligne l'insuffisance de l'investissement et la montée des inégalités sociales. Il faut aussi un « mécanisme de rééquilibrage » concrétisé par une capacité budgétaire propre à la zone euro (telle que prévue dans le rapport des '5 présidents', NDLR), a souligné Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge). Un troisième groupe, composé notamment des conservateurs et des europhobes, estime que l'euro est seul responsable de la croissance atone dans l'Eurozone. (Mathieu Bion)

 

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