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Bulletin Quotidien Europe N° 11454
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) Énergie

Le PE adopte une position ambitieuse sur l'Union de l'énergie

Bruxelles, 15/12/2015 (Agence Europe) - Quelques jours après la conclusion d'un accord climatique universel, le Parlement européen a arrêté, mardi 15 décembre, sa position sur le projet d'Union pour l'énergie, l'une des priorités principales du mandat de l'actuelle Commission européenne.

L'Union de l'énergie doit fournir aux citoyens une énergie sûre, durable et abordable, ont estimé les députés en adoptant à une majorité confortable (403 voix pour, 177 contre, 117 abstentions) la résolution pilotée par Marek Jozef Grobarczyk (CRE, polonais), récemment nommé ministre dans le nouveau gouvernement conservateur polonais. Ils ont rejeté tous les amendements déposés en dernière minute par le groupe ENL qu'ils ont accusé de tentative de blocage procédural.

Le Parlement prône la recherche d'un équilibre entre une meilleure intégration des marchés nationaux grâce aux interconnexions, une décarbonisation progressive dans l'Union notamment par le biais d'investissements accrus en faveur des énergies renouvelables ainsi qu'une sécurité énergétique accrue à travers une diversification des approvisionnements (EUROPE 11437).

Ambition accrue en matière d'efficacité énergétique

En adoptant à une courte majorité (351 voix pour, 336 contre, 12 abstentions) un amendement conjoint de Flavio Zanonato (S&D, italien) et de Morten Helveg Petersen (ADLE, danois), les députés prennent note de « la faiblesse des objectifs en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030 proposés par le Conseil européen ». Dès lors, ils réitèrent la demande du PE en faveur d'objectifs contraignants, à l'horizon 2030, visant une réduction d'au moins 40% des émissions de gaz à effet de serre, une part d'énergies renouvelables atteignant au moins 30% et une efficacité énergétique accrue de 40%, qui devront être réalisés par la voie d'objectifs nationaux individuels. Cette disposition satisfait Claude Turmes (Verts/ALE, luxembourgeois), pour qui la Commission européenne devra en tenir compte dans sa modélisation des différentes options énergétiques. Dans un autre amendement conjoint des groupes S&D, ADLE, Verts/ALE et ELDD, la Commission est ainsi invitée à établir « plusieurs scénarios concernant l'efficacité énergétique à l'horizon 2030, y compris en tenant compte du niveau fixé à 40% par le Parlement », et « le Conseil, qui a demandé un objectif d'au moins 27% dans l'ensemble de l'Union, à revoir son objectif à la hausse conformément à l'objectif adopté par le Parlement ».

Evzen Tosenovsky (CRE, tchèque), qui avait repris le rapport après le départ de M. Grobarczyk, s'est totalement désolidarisé du texte final. « Les objectifs contraignants de 40% (en matière d'efficacité énergétique) sont clairement inacceptables pour la vaste majorité des États membres dans la mesure où ils seraient mis sous une pression énorme », a-t-il déclaré.

En référence aux récentes négociations climatiques internationales ayant abouti à l'Accord de Paris (EUROPE 11452 et 11453), le Parlement européen a adopté un amendement à une faible majorité (356 voix pour, 331 contre, 8 abstentions) de M. Turmes selon lequel, « même si le réchauffement planétaire est limité à 2°C en moyenne, il n'est pas certain que l'on évitera des incidences graves sur le climat ». Il souligne dès lors qu'« il est nécessaire de supprimer les émissions mondiales de CO2 d'ici à 2050 ou quelques années après au plus tard ». (Mathieu Bion)

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