Bruxelles, 15/12/2015 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Agriculture ont pris note, mardi 15 décembre, des progrès réalisés sur deux propositions de règlement, l'une sur les médicaments vétérinaires et l'autre sur la fabrication et la mise sur le marché d'aliments médicamenteux pour animaux.
La Commission européenne et les États membres espèrent qu'un compromis sur ces textes interviendra sous Présidence néerlandaise du Conseil de l'UE du premier semestre 2016 (EUROPE 11361 et 11152).
Lors d'un tour de table, plusieurs pays - Danemark, Pays-Bas, Italie, Irlande - ont estimé que la priorité devait être donnée à la réduction de l'utilisation des antibiotiques.
La Belgique s'est prononcée en faveur d'un renouvellement de l'autorisation des antibiotiques tous les 5 ans, à adapter en fonction des nouvelles résistances.
La France a évoqué le traitement des importations de médicaments vétérinaires à base d'antibiotiques. Il faut un traitement équitable entre les produits de l'UE et ceux issus des pays tiers, a dit ce pays, qui a plaidé pour que les mêmes mesures soient appliquées afin d'éviter des distorsions de concurrence entre producteurs. Pour les mêmes raisons, les médicaments soumis à prescription ne doivent pas pouvoir être achetés sur Internet, a plaidé la France, soutenue par l'Autriche, l'Italie et la Roumanie.
La Pologne, la Finlande, la République tchèque, l'Allemagne, l'Italie, le Danemark et la Roumanie ont souligné le besoin de travailler sur les deux textes en parallèle, en vue d'une entrée en vigueur simultanée.
Pour les Pays-Bas, la préoccupation majeure est l'usage prophylactique des antibiotiques (interdit dans ce pays). Pour la République tchèque, il convient notamment de revoir les actions et le financement de l'Agence européenne des médicaments. Pour la délégation italienne, les antibiotiques doivent être prescrits et administrés par des vétérinaires.
Le commissaire à la Santé, Vytenis Andriukaitis, a félicité la Présidence luxembourgeoise pour les grands progrès réalisés sur ce dossier. L'objectif de ces textes est, selon la Commission, de simplifier le cadre réglementaire, de réduire les charges administratives et de protéger la santé humaine et animale. Les propositions sur la lutte contre la résistance antibiotique visent à renforcer l'action de l'UE et prévoir des outils réglementaires ambitieux. Le commissaire a noté que l'interdiction du recours préventif aux antibiotiques disposait d'un large soutien au Conseil. La commission de l'environnement du Parlement européen devrait adopter en février 2016 le rapport 'Grossetête' sur la proposition sur les médicaments vétérinaires (plus de 900 amendements ont été déposés). Le PE devrait adopter ce rapport en plénière en mai 2016. (Lionel Changeur)