Bruxelles, 15/12/2015 (Agence Europe) - La Serbie a ouvert, lundi 14 décembre dans la soirée, les deux premiers chapitres de négociation - le chapitre 32 sur le contrôle financier et le chapitre 35 sur les relations avec le Kosovo - en vue de son adhésion à l'UE.
« C'est un grand jour pour nous, un grand jour où nous rédigeons quelques pages de notre histoire », a souligné le Premier ministre serbe, Aleksandar Vucic, lors d'une conférence de presse. Il a souhaité que son pays ait conclu son processus d'adhésion d'ici 2018-2019. « Nous avons dit que nous remplirions l'ensemble de nos obligations d'ici la fin de 2018, peut-être 2019 », a-t-il ajouté. Un objectif jugé « très ambitieux » par le commissaire aux Négociations d'élargissement, Johannes Hahn. Pour le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, « sans les décisions courageuses des autorités de Belgrade dans la signature des accords clés du 25 août, nous ne serions pas sur le point de pouvoir ouvrir les chapitres ». M. Vucic a précisé que le chapitre 35, qui traite de ce sujet, ne serait pas un chapitre facile pour son pays.
Mardi 15 décembre, les ministres des Affaires européennes ont salué l'ouverture de ce chapitre dans des conclusions. Ils soulignent aussi que les progrès des négociations dans leur ensemble doivent aller de pair avec des progrès dans les chapitres sur l'appareil judiciaire et droits fondamentaux (23) et sur la liberté, sécurité, justice (24) - qui pourraient être ouverts au premier semestre 2016 - et avec la normalisation des relations avec le Kosovo. Saluant les progrès dans le cadre de ce dialogue avec Pristina, le Conseil demande à Belgrade de mettre en oeuvre, « dans les meilleurs délais », les accords déjà obtenus et de « coopérer de manière constructive avec le Kosovo pour élaborer les accords à venir et les mettre en oeuvre ».
Les ministres encouragent la Serbie à intensifier ses reformes législatives et leur mise en oeuvre effective dans les domaines de la réforme de l'appareil judiciaire, la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, et la liberté d'expression et des médias. Selon eux, une attention supplémentaire doit être portée au respect des droits fondamentaux. « De nouveaux progrès s'imposent concernant l'indépendance des institutions démocratiques, l'administration publique, le développement d'une économie de marché viable et l'amélioration de l'environnement des entreprises », ajoutent les ministres. (Camille-Cerise Gessant)