Bruxelles, 12/11/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne presse les États membres d'augmenter leurs investissements dans l'enseignement, afin d'éviter une accentuation de la « pauvreté éducative ». Elle s'appuie sur les résultats mitigés du rapport de suivi de l'éducation et de la formation qu'elle a publié jeudi 12 novembre.
La 4ème édition du rapport de suivi identifie la « pauvreté éducative » - soit la part des jeunes ayant échoué à obtenir un niveau minimum d'éducation - comme le plus grand défi à relever au cours des prochaines années. Le rapport montre que les États membres sont en passe d'atteindre les objectifs de la stratégie EUROPE 2020, arrivée à mi-parcours: le taux de décrochage scolaire est passé à 11,1% en Europe, contre un objectif de 10% en 2020, et le taux de personnes âgées de 30 à 34 ans qui sont diplômées est passé à 37,9%, contre un objectif de 40% en 2020. Mais il nuance: les élèves provenant de milieux défavorisés et issus de l'immigration sont beaucoup plus exposés au risque de ne pas atteindre le niveau d'instruction minimal. Ainsi, les étudiants nés à l'étranger sont deux fois plus susceptibles de quitter l'école prématurément que les étudiants nés dans le pays. Et les jeunes de 15 ans des catégories socio-économiques les plus modestes courent cinq fois plus le risque de ne pas acquérir les compétences de base, en lecture, en écriture et en calcul, par exemple, que les jeunes issus de milieux plus aisés. D'après le rapport, aucun État membre n'échappe à ce constat, qui se vérifie tout particulièrement en Bulgarie, à Chypre, en Roumanie, en Grèce, en Slovaquie et en Hongrie (où plus de la moitié de ces jeunes sont incapables de résoudre des problèmes mathématiques simples).
Un problème d'investissement. Lors de la présentation du rapport, le commissaire à l'Éducation, Tibor Navracsics, a demandé de « nouveaux investissements, plus élevés, dans l'éducation, pour que chacun bénéficie d'un environnement d'apprentissage de qualité, caractérisé par l'ouverture, le soutien et la tolérance ». D'après les chiffres de la Commission, les budgets de l'éducation ont diminué de 3,2% dans l'ensemble de l'Europe depuis 2010 et ce, pour la 3ème année consécutive. Les principales coupes ont été opérées aux Pays-Bas, en Finlande, au Portugal, en Italie, en Espagne, en Irlande et au Royaume-Uni (les 4 derniers pays étant les plus problématiques d'un point de vue démographique).
Recommandations. L'étude conclut à la nécessité de donner un nouvel élan aux investissements en faveur de l'éducation, pour mettre en place des systèmes éducatifs plus inclusifs en Europe. Elle recommande aux États membres de concentrer leurs efforts sur l'amélioration de l'accessibilité, de la qualité et de la pertinence de leurs systèmes d'éducation et de formation. Les mesures identifiées passent notamment par une meilleure formation des enseignants et transition entre niveaux/types d'enseignement. (Sophie Petitjean)
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