Bruxelles, 16/10/2015 (Agence Europe) - Les espoirs pour une révision du 'visa Schengen' appelée des voeux des professionnels du tourisme pour donner un nouvel essor au secteur ont été douchés, mercredi 14 octobre, lors de la rencontre des représentants du Network for the European private sector in tourism (NET) avec la commissaire Elzbieta Bienkowska, responsable du Marché intérieur et de l'Industrie.
« La proposition de la Commission (EUROPE 11393) n'est plus à l'ordre du jour. […] la situation est bloquée », a expliqué à EUROPE Ewa Grabiak, conseillère juridique auprès du Groupement des unions nationales des agences et organisateurs de voyages (ECTAA), précisant que l'Europe risque de perdre par ce blocage près de 7 millions de touristes potentiels, notamment en provenance de Chine, d'Inde et de Russie. Les ministres ont pris position, lors du Conseil Justice et Affaires intérieures (JAI) du 8 octobre, alors que l'Europe est confrontée à une crise migratoire sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. « Bloquée ne veut pas dire enterrée », précise cependant une autre source proche du dossier, qui indique que les discussions se poursuivront à l'avenir.
L'un des autres points abordés par les représentants du secteur touristique était celui de la fiscalité, qui pèserait lourdement sur le secteur. Bien que la commissaire Bienkowska ne soit pas directement responsable des questions liées à la fiscalité, les représentants du secteur ont souhaité qu'elle renforce sa coopération avec les autres commissaires « afin d'instaurer un environnement légal et fiscal favorable au secteur touristique », explique Christina Russe, secrétaire générale adjointe d'ECTAA. La directive « TVA » (112/2006) prévoit, dans son annexe, la possibilité pour les États membres d'aménager un régime de TVA à taux réduit pour certains biens et services, dont notamment les hébergements touristiques, les services de restauration, les services événementiels ou encore les transports de passagers. Or, actuellement, entre la moitié et un tiers seulement des États membres selon les domaines concernés tireraient profit de cette disposition, indique la même personne.
Les autres points discutés avec la commissaire portaient sur l'approfondissement du marché unique, qui fera l'objet d'une stratégie dans le courant de l'automne, et, en particulier, du marché unique numérique, pour lequel la Commission a présenté une stratégie en mai dernier. Enfin, la question de la formation du personnel et des entrepreneurs touristiques a été abordée, afin d'améliorer la compétitivité du secteur et créer des emplois. (Pascal Hansens)