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Bulletin Quotidien Europe N° 11412
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

TTIP, l'agriculture UE mérite une approche dynamique, selon Farm Europe

Bruxelles, 16/10/2015 (Agence Europe) - Le groupe de réflexion Farm Europe a présenté, mercredi 14 octobre, huit messages clefs dont les négociateurs du partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP) devront tenir compte, afin de défendre, pour le volet agricole, une approche « globale et dynamique ».

Les négociateurs de l'UE devraient chercher à équilibrer la négociation au sein même du paquet agricole et ils ne devraient pas se focaliser exclusivement sur les indications géographiques (elles sont importantes lorsqu'elles ont un réel sens économique et des perspectives à l'exportation): tel est le message principal délivré par Farm Europe, qui a organisé au Parlement européen un débat public sur les négociations du TTIP, sous l'égide de l'eurodéputé Paolo de Castro (S&D, italien).

Joao Pacheco, 'Senior Fellow' à Farm Europe, a indiqué: « L'UE ne doit pas cantonner son agriculture à une approche défensive, ni faire profil bas en ne défendant que les produits de niche qui ont déjà des positions fortes sur le marché américain. Les indications géographiques sont importantes pour le secteur agro-alimentaire de l'UE. Mais l'accès au marché de produits agro-alimentaires dans leur ensemble doit être traité de façon sérieuse pour trouver un équilibre gagnant-gagnant au sein même du volet agricole de la négociation. Enfin, plusieurs secteurs font potentiellement face à de réelles menaces dans cette négociation, qui ne doivent pas être sous-estimées. Les lignes rouges de l'UE devront être traitées à travers de réelles mesures de protection introduites au fil de la négociation et avec des politiques internes européennes donnant aux secteurs affectés les outils pour s'adapter et rattraper leur retard de compétitivité par rapport aux producteurs américains ».

Farm Europe a identifié huit dossiers clefs dans ces négociations: - viandes et produits carnés: il est crucial de négocier un TRQ (Tariff Rate Quota) limité, plutôt qu'une élimination des protections tarifaires. Une période de mise en oeuvre longue serait aussi nécessaire, pour s'assurer que le secteur a le temps de se structurer. De plus, la Commission européenne devrait présenter un plan d'action global pour soutenir et dynamiser ce secteur ; - produits laitiers: le TTIP pourrait déboucher sur une libéralisation des échanges dans ce secteur et une élimination des barrières réglementaires. Toutefois, la protection de certaines indications géographiques devrait faire l'objet d'une analyse économique précise pour s'assurer que les bénéfices équilibrent les coûts pour d'autres pans de la négociation agricole ; - céréales et oléagineux: Farm Europe comprend que le TTIP pourrait déboucher sur l'élimination substantielle des protections tarifaires pour le secteur des céréales et oléagineux. Dans ce cas, l'UE devrait aider au développement de son secteur des biocarburants, plutôt que de le limiter, pour lui permettre de se battre à armes égales avec son concurrent des États-Unis. Par ailleurs, un niveau de protection adéquat devrait être maintenu pour les produits les plus sensibles tels que le riz et pour d'autres céréales, pour tenir compte des distorsions naissant des mécanismes de soutiens internes aux États-Unis ; - fécule et éthanol: l'industrie de l'UE a besoin de temps, d'un cadre réglementaire adéquat et de protections pour faire face à la concurrence américaine. De plus, la balance coût/bénéfice du bioéthanol devrait être évaluée de façon approfondie et une étude objective de l'impact sur le déficit de l'UE en protéines devrait être menée ; - fruits et légumes, fruits à coque et huile d'olive: la libéralisation et l'élimination des barrières non tarifaires devraient généralement être bénéfiques pour ces secteurs hautement diversifiés, dès lors que les barrières SPS sont effectivement levées, côté États-Unis ; - vin et bières: l'UE devrait être offensive pour ce secteur, construisant sur son regain de compétitivité, et concentrer ses efforts sur l'élimination des barrières tarifaires dans la négociation, plutôt que de se focaliser exclusivement sur les indications géographiques ; - sucre et produits transformés: l'élimination des quotas sucriers en Europe après 2017 oriente la négociation vers une position européenne forte sur le long terme pour le sucre et les produits à base de sucre, étant donné que cette réforme va renforcer la compétitivité de la production sucrière de l'UE. Néanmoins, une attention spécifique devrait être portée sur certains sucres spéciaux et l'UE doit exiger un respect strict des règles d'origine ; - aspects sanitaires et phytosanitaires (SPS): même en excluant les hormones et les OGM, le dossier des SPS peut être discuté de façon constructive et des solutions négociées peuvent être dégagées.

Farm Europe va poursuivre son travail sur les aspects internes de la politique agricole de l'UE. La capacité de l'UE à adapter sa politique agricole commune aux défis économiques « va jouer un rôle décisif dans la compétitivité globale du secteur agro-alimentaire européen, et donc, avoir un impact décisif sur sa capacité à rester un acteur clef sur les marchés mondiaux », écrit Farm Europe. (Lionel Changeur)

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