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Bulletin Quotidien Europe N° 11412
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) turquie

Le plan d'action pour la Turquie connaît un démarrage laborieux

Bruxelles, 16/10/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a rendu public, vendredi 16 octobre, le plan d'action négocié avec la Turquie pour une gestion commune de la crise migratoire. Certains de ses éléments sont pourtant déjà contestés par le gouvernement turc, notamment quant à l'aide financière que l'UE pourrait lui accorder.

Selon la Commission, ce plan d'action a fait l'objet d'un accord avec Ankara. Toutefois, le ministre turc des Affaires étrangères, Feridun Sinirlioglu, a contesté certains éléments de ce plan, quelques heures après sa présentation. Selon lui, il ne s'agit que d'un « projet » et le financement prévu, à savoir trois milliards d'euros sur plusieurs années, est « inacceptable », a relaté l'AFP. Ankara souhaiterait en effet que ce montant soit disponible rapidement et ce pour une seule année.

Le plan d'action, qui a été présenté au Conseil européen jeudi 15 octobre par la Commission (EUROPE 11411), repose sur un équilibre entre, d'une part, une aide financière à la Turquie, afin qu'elle prenne mieux en charge les réfugiés et migrants présents sur son sol, tout en contenant les flux migratoires vers l'UE et, d'autre part, des assurances que le processus de libéralisation des visas au profit des ressortissants turcs, lancé en 2013, va être accéléré.

La feuille de route de ce processus va cependant rester inchangée. La Turquie doit actuellement remplir 70 critères. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a indiqué que cette feuille de route fera l'objet d'une évaluation au printemps 2016. Cela pourrait conduire à autoriser une partie des ressortissants turcs à venir sans visas dans l'UE, bien que le plan d'action ne mentionne aucun détail à ce sujet.

Cette feuille de route fera en tout cas l'objet d'un second rapport de la Commission à la fin de l'année 2015 ou au début de l'année 2016. La libéralisation des visas pour la Turquie a également été conditionnée par l'UE à l'application par Ankara de l'accord de réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière dans l'UE. Or, cet accord n'a jamais vraiment été mis en œuvre par les autorités turques.

Le plan d'action qui vient d'être présenté par la Commission est un peu différent du projet qui a été discuté avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, le 5 octobre à Bruxelles (EUROPE 11403). La plus récente version du plan ne mentionne plus ainsi le co-financement par l'UE de six centres d'accueil de réfugiés sur le territoire turc. Une source de la Commission a expliqué, vendredi, qu'un tel changement s'est fait à la demande d'Ankara, car ces « centres sont en cours de construction et les autorités turques n'ont pas souhaité que cela reste dans le document ».

Le plan d'action se concentre aussi sur l'aide financière à apporter à la Turquie pour qu'elle améliore les conditions de vie des réfugiés sur son sol et qu'elle permette leur intégration socio-économique. Les chefs d'État ou de gouvernement de l'UE ont évoqué jeudi un montant de trois milliards d'euros, dont un demi milliard pourrait venir du budget européen. Le ministre turc des Affaires étrangères a cependant précisé que son gouvernement voulait le déblocage de l'ensemble des trois milliards pour la seule première année du plan d'action.

De son côté, la Turquie s'engagerait à renforcer les patrouilles à ses frontières et à coopérer tant avec la Grèce qu'avec la Bulgarie. Tout devra être fait pour empêcher les flux migratoires dirigés vers l'UE. Si des possibilités de réinstallation de réfugiés dans l'UE sont évoquées, aucun chiffre n'est fourni sur le nombre de personnes que cela pourrait concerner. La Turquie est également invitée à revoir ses exigences de visas envers les étrangers, son régime étant considéré trop souple par l'UE. La Commission voudrait donc qu'Ankara renforce ses exigences de visas pour des pays tiers constituant une source importante d'immigration illégale vers l'UE. Ces exigences renouvelées de visas pourraient aussi concerner les ressortissants syriens, n'a pas exclu une source européenne. (Solenn Paulic avec CG)

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