Luxembourg, 23/09/2015 (Agence Europe) - Priorité de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l'UE en matière de politique énergétique, la transition durable et les technologies énergétiques propres étaient au centre d'une réunion informelle des ministres européens de l'Énergie, mercredi 23 septembre à Luxembourg.
Une première session de travail consacrée aux nouvelles technologies énergétiques a permis de donner suite à une vaste conférence de deux jours, les 21 et 22 septembre dans la capitale du Grand-Duché, sur le 'plan stratégique européen pour les technologies énergétiques' (SET-plan) et a ouvert les discussions sur le soutien, à l'échelle européenne, en faveur des technologies innovantes à faible teneur en carbone.
Au carrefour de l'Union de l'énergie, d'un nouvel agenda stratégique pour la R&D dans le secteur des transports et d'une nouvelle stratégie industrielle européenne pour la croissance et l'emploi, le nouveau SET-Plan (après celui de 2007), récemment dévoilé par la Commission, prend une dimension plus large pour porter la transition vers système énergétique plus sobre en carbone tout en confortant le leadership de l'Europe dans des niches de l'industrie énergétique prometteuses en termes de croissance, d'emplois et d'exportations: l'éolien offshore, l'énergie marémotrice, la bioénergie, la géothermie et le solaire thermique.
Le nouveau SET-Plan va se concentrer sur quatre domaines horizontaux- les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique, la participation des consommateurs au système énergétique et les transports plus durables - et deux domaines spécifiques pour les pays intéressés- la technologie du captage et stockage du carbone (CCS) et la technologie nucléaire.
À la différence de sa mouture précédente qui n'avait pas de financement, la Commission veut appuyer le nouveau SET-Plan grâce aux 30 milliards d'euros du programme-cadre européen pour la recherche, Horizon 2020, aux 38 milliards d'euros des fonds de cohésion destinés à la transition vers une économie sobre en carbone, au nouveau fonds pour l'innovation qui bénéficiera de la vente de 400 millions de quotas de CO2, et au fonds européens pour les investissements stratégiques (FEIS), le bras financier du plan d'investissement Juncker doté de 315 milliards d'euros.
La Commission a défini dix actions prioritaires pour soutenir les six domaines de recherche et, en particulier: le développement des batteries, des technologies innovantes pour l'efficacité énergétique dans les bâtiments et les industries énergétivores, et des solutions numériques pour les réseaux d'électricité. Restent à définir plus précisément les actions clés en termes de priorités, de financement, de mise en œuvre et de calendrier, ce que la Commission devrait définir d'ici le second semestre 2016 à travers une communication sur le leadership mondial de l'UE en matière de technologie et d'innovation, a confirmé, mercredi, le commissaire à l'Énergie et au Climat, Miguel Arias Canete.
Pour enrichir les débats ministériels et convaincre les capitales que la transition durable « n'est pas un obstacle à la croissance, mais en est un moteur », le ministre luxembourgeois de l'Économie, Etienne Schneider, avait invité des entrepreneurs-innovateurs de renommée mondiale et dont la vocation est d'innover dans le domaine de l'énergie. Parmi eux, le cofondateur du service de paiement en ligne PayPal et patron du lanceur de satellites SpaceX et du constructeur de voitures électriques haut de gamme Tesla, l'Américain Elon Musk, le pilote et cofondateur du projet d'avion propulsé à l'énergie solaire Solar Impulse, le Suisse Bertrand Picard, et le développeur de projets renouvelables à grande échelle, le patron de Tidal Lagoon Power, le Britannique Mark Shorrok. « Ces invités ont pu faire part aux ministres de leur expérience et des obstacles qu'ils ont pu rencontrer dans leurs entreprises », nous a expliqué une source luxembourgeoise.
Les ministres ont ensuite pu échanger avec le vice-président de la Commission européenne en charge du pôle dédié à la Croissance et l'Emploi, l'Investissement et la Compétitivité, Jyrki Katainen, lors d'une seconde session de travail consacrée au potentiel du FEIS pour stimuler les investissements dans les technologies et infrastructures énergétiques à faible teneur en carbone.
Porter la transition durable en Afrique. La Présidence luxembourgeoise, qui en a fait un cheval de bataille de son programme, avait aussi inscrit à l'ordre du jour une discussion sur les synergies entre l'aide au développement et l'énergie. Pour animer le déjeuner de travail, M. Schneider avait invité l'ex-ministre français de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, qui dirige désormais une fondation pour l'électrification de l'Afrique, et le directeur de l'Agence internationale pour le développement des énergies renouvelables (IRENA), Adnan Z. Amin. « Nos discussions se sont concentrées sur l'Afrique. Nos orateurs nous ont fait comprendre qu'il y a un potentiel énorme, un besoin énorme et un risque énorme sur ce continent. Si on ne veut pas que tout le monde fuie le continent, il va falloir y soutenir le progrès. Il faut donner à ces pays un accès plus facile à l'énergie. Il faut tout mettre en œuvre pour électrifier le continent africain », a expliqué M. Schneider, évoquant une situation 'gagnant-gagnant' tant pour le continent africain que pour les investisseurs. « Pour cela, il faut combiner davantage la politique d'aide au développement et la politique énergétique », a-t-il conclu. (Emmanuel Hagry)