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Bulletin Quotidien Europe N° 11395
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) migration

La Commission veut augmenter les fonds pour les pays du voisinage

Bruxelles, 23/09/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé, mercredi 23 septembre, la mobilisation supplémentaire des fonds destinés aux pays du voisinage afin de répondre à la crise migratoire en Europe. Ces mesures entrent dans le cadre de l'agenda européen pour la migration (voir autre nouvelle).

La Commission propose ainsi de renforcer le soutien de l'UE aux réfugiés syriens, en renforçant l'instrument européen de voisinage (ENI) pour 2015 de 300 millions d'euros pour permettre une hausse du fonds fiduciaire de la Syrie. Ce renforcement de l'ENI sera complété par une réorientation des fonds de l'instrument de préadhésion, ce qui donnera une hausse total de la contribution de l'UE de 500 millions d'euros. La Commission va transmettre ses propositions au Conseil de l'UE et au Parlement européen pour adoption via la procédure accélérée.

Le commissaire à la Politique de voisinage et aux Négociations d'élargissement, Johannes Hahn, a dit espérer qu'avec la contribution des États membres, le fonds atteindra au final au minimum un milliard d'euros. Actuellement, seuls l'Italie et l'Allemagne y contribuent. Les fonds supplémentaires devraient permettre de financer des projets qui ont déjà été identifiés. La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a aussi appelé les États membres à contribuer davantage au fonds fiduciaire pour l'Afrique, qui est doté actuellement de 1,8 milliard d'euros.

La Commission a rappelé qu'elle était prête à mobiliser jusqu'à un milliard d'euros pour la Turquie sur deux ans pour l'aider à faire face à la crise migratoire. Cette mobilisation est, en réalité, une réallocation de fonds déjà prévus pour le pays sur des projets liés à la crise migratoire. « La Turquie est un partenaire clé sur la gestion des flux (migratoires) et pour l'accueil des réfugiés », a souligné Mme Mogherini, rappelant que le pays accueille à lui seul deux millions de réfugiés. 17 millions d'euros sont aussi prévus pour la Serbie et l'Ancienne République yougoslave de Macédoine.

Ensuite, la Commission européenne compte aussi augmenter, une fois le feu vert donné du Conseil et du Parlement, de 200 millions d'euros son aide humanitaire d'urgence pour répondre à la demande du Haut-Commissariat aux réfugiés et du Programme alimentaire mondial (PAM) en 2015, alors que la plupart des États membres ont réduit leur contribution au PAM. La Commission propose aussi au Parlement et au Conseil de modifier le budget 2016 afin de pouvoir augmenter l'aide humanitaire de 300 millions d'euros pour couvrir les besoins essentiels des réfugiés, comme la nourriture ou des abris ». Pour Mme Mogherini, aider les agences internationales est un « devoir moral et politique » pour l'UE. « Seulement 38% des besoins de financement (concernant la crise syrienne) ont été respectés (et) l'impact de ce manque à gagner est dramatique », selon la Commission, qui a ajouté que « l'UE et les États membres devraient s'engager pour couvrir la moitié de cet écart ».

Intensifier « l'offensive diplomatique »

Mais comme l'a souligné la Haute Représentante, l'argent n'est pas tout et ne constitue pas « la solution magique à tout ». Ainsi, la Commission va aussi intensifier son « offensive diplomatique » et sa coopération avec les pays tiers. La question de la migration sera au coeur du sommet de La Valette les 11 et 12 novembre, pour « montrer la nouvelle priorité accordée aux questions de migration dans les relations de l'UE avec ses partenaires africains ». Le sommet sera précédé par la Conférence de haut niveau sur la route des Balkans occidentaux, le 8 octobre à Luxembourg.

Mme Mogherini a précisé finalement qu'il était urgent de trouver une solution diplomatique à la crise syrienne. « L'UE met tout son poids politique pour essayer de faciliter une solution au conflit », a-t-elle expliqué. Et alors que le groupe ADLE au Parlement européen propose une « initiative européenne pour la paix dirigée par l'UE pour engager les États-Unis, la Russie et la Chine, et la Turquie, l'Iran et l'Arabie saoudite à se mettre d'accord sur un plan de paix pour la Syrie », Mme Mogherini a rappelé que les Nations unies restent aux commandes dans cet épineux dossier et qu'elle continue de travailler « étroitement et activement » avec le représentant spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura. « Ce n'est pas une crise européenne, c'est une crise régionale, une crise mondiale », a-t-elle souligné. Elle a ensuite précisé qu'il faut faire face à cette crise ensemble avec les partenaires régionaux et mondiaux. Des discussions auront lieu la semaine prochaine à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. (Camille-Cerise Gessant)

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