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Bulletin Quotidien Europe N° 11395
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) migration

L'UE assure qu'elle va aider davantage les pays du voisinage

Bruxelles, 24/09/2015 (Agence Europe) - Les chef d'Etat ou de gouvernement de l'UE ont assuré, dans la nuit du mercredi 23 et jeudi 24 septembre, qu'une aide substantielle sera apportée aux pays voisins de la Syrie, dont le Liban, la Jordanie et la Turquie, afin que ceux-ci puissent faire face à la crise migratoire. « Plus d'assistance sera offerte en échange d'une coopération renforcée », a affirmé le Président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'issue du sommet informel extraordinaire.

Ainsi, les chefs d'Etat ou de gouvernement veulent que l'Union européenne mobilise au moins

1 milliard d'euros supplémentaire pour répondre aux demandes du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et du programme alimentaire mondial (PAM), qui sont à court de moyens financiers fautes de contributions suffisantes, et pour d'autres agences humanitaires qui viennent en aide aux réfugiés.

« Aucun de nous n'était conscient que les programmes internationaux étaient insuffisamment financés, que les réfugiés ont faim dans les camps, que les rations alimentaires ont été réduites. Et j'espère qu'un signal sera adressé pour combler le manque de fonds du PAM, par exemple », a déclaré la Chancelière allemande, Angela Merkel, à Bruxelles. Avec les 200 millions d'euros qu'elle va mobiliser pour l'UNHCR et le PAM en 2015, en aide d'urgence et en protection civile (voir autre nouvelle), « la Commission européenne a fait le premier pas. C'est très important », a-t-elle ajouté.

Pour ce milliard additionnel, le Premier ministre autrichien, Werner Faymann, a souligné qu'il n'est pas encore clair combien proviendra du budget de l'UE et combien des contributions nationales. « Le partage précis entre l'UE et les Etats membres sera défini dans les jours qui viennent. L'Autriche prendra sa part et participera », a-t-il assuré, en soulignant que le soutien financier aux camps de réfugiés au Liban, en Jordanie et en Turquie, devait être renforcé.

Les chefs d'état ou de gouvernement souhaitent aussi soutenir les pays voisins de la Syrie à travers une « hausse substantielle » du Fonds fiduciaire pour la Syrie, sans pour autant donner encore de chiffres précis. Ils veulent augmenter le Fonds fiduciaire pour l'Afrique et aider les pays des Balkans occidentaux à traiter les flux de réfugiés, y compris à travers les instruments de pré-adhésion (voir autre nouvelle).

Dans leur déclaration finale, les Vingt-huit ont ainsi appelé au renforcement du dialogue avec la Turquie « à tous les niveaux », le premier pas en ce sens pouvant être fait à l'occasion de la visite du Président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui est prévue le 5 octobre à Bruxelles. M. Erdogan devrait rencontrer les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne, « afin de renforcer notre coopération pour endiguer et gérer les flux de migrants », indique la déclaration adoptée lors du sommet. M. Juncker va aussi rencontrer le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies. Pour le Président français, François Hollande, il faut discuter avec la Turquie de la possibilité que les réfugiés y travaillent. La mise en place de zones sûres dans le nord de la Syrie, où les réfugiés syriens pourraient être accueillis - une idée suggérée par le gouvernement turc - sera également discutée, selon M. Hollande.

Syrie: appel pour de nouveaux efforts diplomatiques

Les chefs d'Etat ou de gouvernement ont appelé à « de nouveaux efforts sur le plan international, sous l'égide des Nations Unies, pour mettre un terme à la guerre » en Syrie, soulignant que l'UE s'engage à assumer ses responsabilités. M. Hollande a précisé que pour être crédible, l'UE devait être « partie prenante d'une solution politique en Syrie et travailler avec tous les pays concernés, les pays de la région, les Etats-Unis, la Russie, l'Iran, les pays arabes et les pays du Golfe, pour poursuivre ce qui a été engagé dans la conférence de Genève ». Il a proposé une troisième Conférence de Genève. « Tous ceux qui peuvent contribuer à trouver une solution politique en Syrie doivent être mis autour de la table. (…) J'appelle à ce qu'une nouvelle conférence puisse permettre à tous les pays qui veulent que la paix revienne en Syrie d'y contribuer », a-t-il dit. Il a une nouvelle fois répété que le Président syrien, Bachar el-Assad, ne faisait pas partie de l'avenir de la Syrie.

Selon le Secrétaire d'Etat polonais pour les Affaires européennes, Rafal Trzaskowski, le Royaume- Uni et la France présenteront bientôt des projets très concrets pour contribuer à la fin de la crise syrienne.

La déclaration finale fait finalement aussi référence à la crise libyenne. L'UE va prendre sa part de responsabilités pour la formation d'un gouvernement d'union nationale, indique la déclaration, alors qu'un texte d'accord final vient d'être présenté pour approbation à toutes les parties libyennes (EUROPE 11394). (Camille-Cerise Gessant et Aminata Niang, avec MB, JK, PH)

 

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