login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11372
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Le commissaire Cañete appelle les pays émergents à soumettre leur offre

Bruxelles, 21/08/2015 (Agence Europe) - A une centaine de jours de la conférence climatique onusienne de Paris (COP 21, 30 novembre-11 décembre), 56 pays ont transmis à l'ONU leur contribution prévue et déterminée au niveau national (INDC), soit dix de plus qu'à la fin juillet (EUROPE 11369).

C'est un sacré progrès mais c'est encore trop peu a estimé le commissaire européen à l'Action pour le climat et à l'Energie, Miguel Arias Cañete, jeudi 20 août à Bruxelles, pressant les pays émergents, de dévoiler leur cartes dans les meilleurs délais, comme l'ont déjà fait des acteurs majeurs comme la Chine, les États-Unis et l'UE, « mais aussi certains pays parmi les plus vulnérables en Afrique, dans les Caraïbes et le Pacifique », a-t-il rappelé.

S'exprimant devant la presse pour faire le point des négociations climatiques internationales, le commissaire a jugé que, pour éviter que la communauté internationale échoue à respecter l'objectif de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés Celsius (par rapport aux niveaux préindustriel) , trois conditions devaient être réunies, tant lors des négociations de Bonn que celles de Paris: « Il faut accélérer les négociations techniques, obtenir qu'un plus grand nombre de pays présentent des contributions ambitieuses et -c'est peut-être le plus important-, nous devons définir les éléments clés d'un succès à Paris », a-t-il déclaré.

L'annonce faite par les États-Unis le 3 août de nouvelles règles pour réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques à charbon nouvelles, rénovées et existantes (une réduction de 32% à l'horizon 2030 par rapport à 2005) est, selon le commissaire, un pas positif qui « insuffle un nouvel élan avant la conférence de Paris ». Mais, selon lui, pour atteindre l'objectif de maintenir la hausse moyenne de la température en dessous de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels, tous les pays doivent prendre leur part.

« La bonne nouvelle c'est qu'après un début très lent, de plus en plus de pays soumettent leurs contributions. A ce jour 56 pays représentant 61% des émissions mondiales l'ont fait. C'est un progrès si l'on compare cela au système actuel - la seconde période d'engagement du protocole de Kyoto dans lequel 35 pays seulement représentant 14% des émissions mondiales ont des objectifs », a déclaré le commissaire. Et de presser nommément « des pays clés du G20 comme l'Argentine, le Brésil, l'Inde, l'Indonésie, l'Arabie Saoudite, l'Afrique du Sud et la Turquie » de présenter leur offre de contribution.

Le commissaire a annoncé que la Commission européenne et le Maroc (qui assurera la prochaine présidence de la COP) organiseront les 12 et 13 octobre à Rabat un forum international sur le climat pour favoriser « un échange de vues sur les efforts et les contributions agrégés avant Paris et discuter de la façon de rester sur la voie des 2 degrés Celcius sur le long cours».

Convaincu que la Conférence de Paris doit « adresser un signal crédible au monde que les gouvernements prennent au sérieux la lutte contre le changement climatique », M. Cañete estime que c'est aux pays, comme les États-Unis et la Chine notamment, qui ne veulent pas d'objectifs individuels contraignants par pays, de « faire la preuve d'une alternative convaincante qui donne le signal nécessaire à long terme dont les citoyens, les marchés et les décideurs ont besoin ». Par objectif à long terme, il entend une réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'au moins 60% en 2050 par rapport à 2010 pour atteindre un objectif proche de zéro émission d'ici à 2100. (Aminata Niang)