Bruxelles, 14/07/2015(Agence Europe) - L'ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé, lundi 13 juillet, l'Union européenne à aider la Grèce à gérer la crise humanitaire sur les îles de la mer Égée et à défendre les « droits fondamentaux des réfugiés ».
« Des milliers de migrants et de demandeurs d'asile sur les îles de la mer Égée en Grèce sont confrontés à des conditions d'accueil et de détention effroyables », s'alarme l'ONG dans un communiqué tandis que la crise humanitaire pour les personnes arrivant jusqu'aux îles par la mer s'intensifie. « En dépit des efforts considérables des autorités locales sur les îles, la Grèce croulant sous la dette se trouve dans l'incapacité de remplir ses obligations les plus fondamentales envers ces personnes, dont la grande majorité fuit les violences et la répression », ajoute HRW.
« En mai 2015, Human Rights Watch a mené des entretiens avec plus de 100 demandeurs d'asile et migrants nouvellement arrivés sur les îles grecques de la mer Égée de Lesbos, Chios, Samos, Leros et Kos. Tous avaient traversé par bateau depuis la Turquie au cours des mois précédents. La plupart des personnes interrogées, comprenant des femmes et des enfants, étaient originaires de Syrie et d'Afghanistan. Vingt-quatre des enfants, essentiellement des garçons âgés de 15 à 17 ans, voyageaient sans membres de leur famille. Depuis mai, la situation des migrants et des demandeurs d'asile s'est sensiblement détériorée, avec l'arrivée de plus de 1 000 personnes chaque jour », poursuit l'ONG dans son rapport.
Le 9 juillet à Luxembourg, le Haut-commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, Antonio Guterres, avait, lui aussi, alerté les responsables européens à propos de cette « crise des réfugiés » en Grèce et appelé l'UE à venir davantage en aide à ce pays. Parmi les îles visitées par Human Rights Watch en mai, « c'est à Kos que les conditions étaient les pires. Le traitement des cas prenait souvent trois semaines ou plus à cause du grand nombre d'arrivées ainsi que du manque de personnel et de capacités techniques », a encore expliqué l'ONG.
« Les pays de l'UE devraient convenir de recevoir des nombres plus importants de demandeurs d'asile en provenance de Grèce », demande Human Rights Watch alors que les ministres de l'Intérieur doivent à nouveau se réunir le 20 juillet à Bruxelles pour finaliser les modalités de répartition entre eux de 40 000 demandeurs d'asile, dont 24 000 doivent venir d'Italie et 16 000 de Grèce. (Solenn Paulic)