Bruxelles, 14/07/2015 (Agence Europe) - Le gaspillage alimentaire est une question européenne méritant que l'UE s'y attaque résolument, estime le Parlement européen qui souhaite connaître les intentions de la Commission européenne.
C'est la raison pour laquelle, au lendemain du vote du Parlement sur le passage de l'UE à l'économie circulaire, l'eurodéputé György Hölvényi (PPE, hongrois) a décidé, lundi 13 juillet, conjointement avec l'Association hongroise de la banque alimentaire, de soumettre à la Commission européenne des questions écrites pour savoir quelles mesures celle-ci a planifié pour réduire le gaspillage alimentaire dans l'UE.
L'eurodéputé attend aussi des réponses concernant les ressources financières que la Commission compte mobiliser pour atteindre ces objectifs. Il demande enfin si la Commission envisage de proposer de faire de 2016 l'année de la réduction des déchets alimentaires.
Par son vote du 9 juillet, le Parlement européen a demandé, comme objectif juridiquement contraignant, que la quantité de déchets alimentaires des magasins, de l'industrie hospitalière et des ménages soit réduite de 30% à l'horizon 2025 et que la Commission promeuve auprès des États membres les conventions entres les grandes surfaces et les associations caritatives pour que ces dernières puissent bénéficier des invendus (EUROPE 11355).
M. Hölvényi rappelle que les citoyens européens jettent en moyenne quelque 90 millions de tonnes d'aliments par an, soit 180 kilos de nourriture par personne. Souvent même 50% d'aliments sains et comestibles atterrissent dans la poubelle des ménages, des magasins, des restaurants et à d'autres étapes de la chaîne d'approvisionnement alimentaire. En comparaison, 79 millions de citoyens de l'UE vivent dans la pauvreté et 16 millions en sont réduits à vivre des contributions alimentaires d'organisations caritatives. « Les banques alimentaires, les organisations caritatives et autres organisations civiques peuvent jouer un rôle significatif dans les efforts pour réduire le gaspillage alimentaire », souligne l'eurodéputé. La Commission européenne dispose d'un délai de six semaines pour répondre.
Lorsqu'elle avait présenté son paquet sur l'économie circulaire il y a tout juste un an, la Commission précédente avait gardé dans ses tiroirs la communication sur l'alimentation durable, expliquant à l'époque que les travaux se poursuivaient à ce sujet. Elle avait néanmoins proposé une réduction de 30% des déchets alimentaires à l'horizon 2025 comme objectif non contraignant (EUROPE 11113). (Aminata Niang)