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Bulletin Quotidien Europe N° 11353
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) agriculture

Lait, mesures de marché supplémentaires demandées

Strasbourg, 07/07/2015 (Agence Europe) - L'UE doit garantir un meilleur équilibre dans la chaîne d'approvisionnement, introduire de meilleurs outils contre les perturbations sur le marché et aider les agriculteurs à trouver de nouveaux débouchés pour leurs produits: c'est ce qu'à demandé le Parlement européen en adoptant, mardi 7 juillet à Strasbourg, un rapport d'initiative (non législatif) sur le secteur du lait et des produits laitiers rédigé par James Nicholson (CRE, britannique).

Le PE demande instamment à la Commission d'intervenir, en introduisant des mesures de marché ciblées supplémentaires, face à la crise qui touche actuellement les marchés laitiers nationaux, du fait de la pression à la baisse imposée sur les prix qui résulte de l'absence d'instruments adéquats de prévention de la crise, d'une baisse de la demande mondiale, de la volatilité des prix au niveau mondial et de l'embargo russe.

Le PE regrette que le Conseil ait rejeté sa demande qui prévoyait de mettre en place, en cas de crise grave, une aide aux producteurs réduisant volontairement leur production. Il souligne l'importance de rouvrir le débat sur cet outil de gestion de crise.

Les eurodéputés soulignent que l'abolition des quotas (depuis fin mars dernier) risque d'aboutir à une « concentration supplémentaire de la production de lait au profit des plus grandes exploitations laitières et au détriment des plus petites exploitations ».

Défis et perspectives. Le PE note que la très grande volatilité des prix et les situations de crises récurrentes qui sont « incompatibles avec des investissements importants dans l'élevage et l'installation de nouveaux producteurs » sont les principaux défis du secteur laitier. La Commission est invitée à « envisager » des mesures destinées à atténuer les risques liés à une plus forte exposition au marché mondial, à renforcer sa surveillance du bon fonctionnement du marché unique du lait et des produits laitiers et à établir un plan d'action montrant comment elle compte atténuer ces risques.

Volatilité des prix et fin des quotas laitiers. Il est demandé à la Commission de: - définir un cadre juridique adéquat pour permettre une organisation de la production par la gestion de l'offre dans le secteur laitier ; - présenter un ou plusieurs outils de régulation permettant de « prévenir et gérer efficacement de nouvelles crises dans le secteur laitier en facilitant notamment l'organisation de la production laitière en termes de gestion de l'offre ».

Mise en oeuvre du 'paquet lait'. Le PE constate que le secteur pourrait explorer davantage le potentiel offert par des « contrats de chaîne d'approvisionnement intégrée à plus long terme, par les contrats à terme, par les contrats à marge fixe et par la possibilité de bloquer un prix du lait reflétant les coûts de production pendant une période donnée ». Il estime qu'il devrait être possible de recourir à de nouveaux instruments dans les relations contractuelles et que des outils de médiation contractuelle devraient également être disponibles.

Renforcer l'observatoire du marché du lait. Le PE se félicite de la création de l'observatoire du marché du lait (OML). Il recommande la définition d'un indice du marché intégrant la tendance des évaluations des produits, les prix du lait et les coûts de production. La Commission est invitée à prendre les mesures nécessaires pour veiller à ce que l'OML puisse produire des données précises en temps réel et transmettre de manière plus précoce et plus fréquente les alertes, anticipations de crise et recommandations (lorsque l'indice du marché tombe en dessous d'un certain seuil).

PAC. Le PE soutient la nécessité de réviser les exigences pour le déclenchement du mécanisme de stabilisation des revenus disponibles dans le cadre du développement rural, dans la mesure où il est « excessif » d'exiger un minimum de 30% de perte pour accéder à l'aide de l'Union.

Gestion du risque dans le secteur laitier. Le PE demande à la Commission de mettre en oeuvre des filets de sécurité plus efficaces et réalistes et de faire en sorte que le prix d'intervention (jugé trop bas par le PE) reflète davantage les coûts réels de production et les prix réels du marché et soit mieux adapté aux variations du marché. Le PE demande dès lors à la Commission l'ajustement « immédiat » des prix d'intervention. Mais le commissaire à l'Agriculture, Phil Hogan, a déjà dit qu'il s'opposait à la hausse du prix d'intervention, une mesure jugée « contre-productive ». (Lionel Changeur)

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