Bruxelles, 17/06/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, a considéré, mardi 16 juin, que la confirmation, plus tôt dans la journée, de la condamnation à la peine de mort de six personnes, dont l'ancien président égyptien Mohammed Morsi, poursuivis pour des évasions massives de prisonniers suivies de violences pendant les événements de 2011 (EUROPE 11316), était le « résultat d'un procès de masse » et une « évolution inquiétante ».
Dans un communiqué, Mme Mogherini a rappelé que l'UE était opposée à la peine capitale en toutes circonstances et attendait que ces condamnations soient revues lors de la procédure d'appel.
Une heure avant ce jugement, M. Morsi avait été condamné par le même tribunal, lors d'un procès de masse, à une peine de prison à vie, alors qu'il avait, lors un premier procès, été condamné à la peine de mort. Certains de ses partisans ont vu, eux aussi, leur peine de mort commuée en prison à vie et d'autres se sont vus condamner à des peines d'emprisonnement, en lien avec de la « conspiration avec des groupes étrangers ». « Ces peines et procédures violent les obligations de l'Égypte au regard du droit international », a rappelé Mme Mogherini.
« L'UE réitère son appel aux autorités égyptiennes à respecter leurs obligations internationales et le droit à un procès équitable et à préserver la procédure régulière, y compris les droits des accusés à un procès équitable, fondé sur des accusations claires et des enquêtes appropriées et indépendantes », a souligné Mme Mogherini. Elle a rappelé que la stabilité et l'État de droit devaient être garantis.
Avec ces dernières peines, plus de 600 membres des Frères musulmans ou apparentés ont été condamnés à mort en première instance depuis la destitution de M. Morsi, en juillet 2013. De nombreuses peines capitales ont été annulées par la Cour de Cassation. (Camille-Cerise Gessant)