Bruxelles, 17/06/2015 (Agence Europe) - Le plan de sauvetage grec dominera l'ordre du jour des ministres des Finances de la zone euro, qui se réunissent jeudi 18 juin à Luxembourg.
La discussion sur les réformes qu'Athènes appliquerait en échange d'une aide financière promet d'être tendue et pourrait même tourner court. Mercredi à l'heure où nous mettions sous presse, les Grecs n'avaient toujours pas donné signe d'une éventuelle disposition à revenir à la table des négociations avec des propositions alternatives, alors que les créanciers répètent à l'envi que la balle est dans le camp d'Athènes. Mais le ministre grec, Yanis Varoufakis, a fait savoir qu'il arriverait les mains vides.
Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a dit qu'il ne s'attendait pas à une nouvelle réunion avec les Grecs avant l'Eurogroupe. Son homologue aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a indiqué ne pas avoir reçu de réponse des Grecs sur les propositions de compromis faites sur la TVA, un des points difficiles. « La base d'un accord existe », a-t-il toutefois assuré.
« La réunion (de l'Eurogroupe) ne sera pas conclusive, mais elle doit être utile », a espéré M. Moscovici, pour qui la volonté des Européens de parvenir à un accord demeure « intacte ». Pour preuve, M. Dombrovskis a réitéré la disponibilité des 'institutions' à discuter de mesures alternatives, évoquant notamment la question des dépenses publiques grecques en matière de défense. Sur la question des retraites, « on veut préserver les pensions modestes, mais le système doit être financièrement soutenable », a complété M. Moscovici. Les créanciers d'Athènes soulignent aussi le fait que les 'institutions' sont allées significativement au-delà de ce qui avait été prescrit en février, notamment en matière d'excédents primaires.
Il ne reste que 14 jours avant qu'expirent, fin juin, le plan d'aide et les fonds encore disponibles. Les Grecs, s'ils l'ont laissé entendre, n'ont pas fait de demande officielle d'extension de leur plan de sauvetage.
À Athènes, la Banque de Grèce a mis en garde mercredi contre un échec des négociations qui conduirait à un défaut de paiement puis à une sortie de le Grèce de la zone euro, voire de l'Union européenne. Inquiets, les Américains ont officiellement mis la pression sur Athènes pour débloquer la situation. Peu impressionné, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, s'est dit prêt à dire « un grand non » à la poursuite « des politiques catastrophiques pour la Grèce ».
Mardi, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, s'en était pris directement à l'attitude des autorités grecques. « Le débat en Grèce et hors de Grèce serait plus facile si le gouvernement grec disait exactement ce que la Commission propose réellement », a-t-il déclaré. M. Juncker a fait part de son opposition à l'augmentation de la TVA sur les médicaments et l'électricité. « M. Juncker n'a soit pas vu le document qu'il a donné à M. Tsipras, soit il l'a lu et l'a oublié », a rétorqué M. Varoufakis.
Chypre. Les ministres examineront, par ailleurs, les résultats de la 6ème mission de suivi des créanciers de Chypre. Celle-ci a été conclue avec succès après qu'un cadre national sur les saisies immobilières a été adopté (EUROPE 11318). L'adoption d'un programme révisé d'ajustement économique ouvrira la voie au versement, début juillet, d'une nouvelle tranche d'aide financière.
L'Eurogroupe sera informé des résultats de la 2ème mission de suivi menée après l'achèvement du plan de sauvetage portugais (EUROPE 11335). Cette mission a mis en lumière les divergences entre Lisbonne et ses créanciers sur l'ampleur de l'assainissement budgétaire dans le pays. (Elodie Lamer et Mathieu Bion)