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Bulletin Quotidien Europe N° 11326
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

La communauté internationale ne fait pas assez, selon P. Bergamini

Bruxelles, 02/06/2015 (Agence Europe) - Le chef de division pour les partenariats régionaux et les questions horizontales du Service européen pour l'action extérieure, Patrice Bergamini, a souligné, lundi 1er juin, que la communauté internationale n'en faisait pas assez pour le règlement du conflit syrien. « Honte sur nous et sur la communauté internationale », a-t-il expliqué à l'issue de la projection du film « Queens of Syria », sur la culture et le conflit syrien. M. Bergamini s'est demandé s'il faudrait quelque chose d'équivalent au massacre de Srebrenica en ex-Yougoslavie pour que la communauté internationale, la société civile, les médias se disent que « c'en est assez ».

Selon M. Bergamini, il manque une « unité à travers les acteurs internationaux ». « Il y a des divisions, des divergences de vues entre l'est et l'ouest, les pays de l'UE, entre Washington et Moscou. Mais ce n'est rien comparé aux divisions entre les pays arabes eux-mêmes », a-t-il ajouté. Il a par exemple rappelé que, si le 24 mai la Jordanie avait expliqué que c'était le moment pour des discussions entre l'opposition et le régime pour éviter le démantèlement des institutions d'État, au même moment, le Conseil de coopération du Golfe avait été incapable de dire la même chose, de se mettre d'accord sur ce que devait être la prochaine étape. « C'est le problème clé », a-t-il souligné.

Pourtant, après un accord de paix, les pays arabes devront prendre leurs responsabilités. Après un tel accord, il faudra « quelque chose sur le terrain pour surveiller » sa mise en place. « Et ceux qui y seront, ce seront les arabes eux-mêmes », a-t-il expliqué, tout en précisant que ces derniers n'avaient pour l'instant pas la capacité de le faire. M. Bergamini a précisé que l'UE soutenait la Ligue arabe pour développer ses capacités de gestion de crise.

Le directeur du SEAE a aussi considéré que les conséquences du conflit se feront ressentir longtemps après le conflit lui-même et que la réconciliation entre les Syriens sera longue, reprenant l'exemple de l'ex-Yougoslavie. « Dans 20 ans, et même dans plus longtemps, nous devrons toujours faire face aux conséquences du conflit. Cela prendra, dans le meilleur scénario, deux ou trois générations », a-t-il expliqué, avant d'ajouter qu'il n'y avait « pas de formule magique à propos de la réconciliation ».

Revenant sur la culture et les conflits, M. Bergamini a reconnu qu'il était difficile de mettre en place des projets avec des dimensions culturelles, qui ne reçoivent pas forcément le soutien politique nécessaire. La productrice de Queens of Syria, Georgina Paget, a précisé que, si, souvent, les institutions publiques soutenaient ses projets, les donateurs, eux, étaient des privés.

Par ailleurs, le Parlement européen accueille jusqu'au 5 juin une exposition de 30 oeuvres réalisées par 78 artistes syriens déplacés par le conflit. (Camille-Cerise Gessant)

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