Bruxelles, 02/06/2015 (Agence Europe) - Les participants à la réunion ministérielle restreinte de la coalition internationale contre Daesh, dont la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, ont annoncé, mardi 2 juin à Paris, qu'ils vont intensifier leurs efforts pour lutter contre l'organisation État islamique.
« Les offensives de Daech à Ramadi, en Irak, et à Palmyre, en Syrie, soulignent l'urgence de renouveler et d'intensifier notre effort collectif pour vaincre Daesh », ont rappelé les co-présidents de la réunion, le Premier ministre irakien, Haïder al-Abadi, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et le secrétaire d'État américain, John Kerry, dans une déclaration commune.
Les partenaires de la coalition ont réaffirmé « avec force leur unité et leur engagement à agir ensemble dans le cadre d'une stratégie commune, multidimensionnelle et de long terme afin d'affaiblir et à terme d'éradiquer » Daesh, qui tente toujours « d'étendre son emprise à d'autres régions frappées par des crises politiques et des situations d'instabilité ». En dix mois d'opérations, la coalition a procédé à 4 000 frappes aériennes.
Les membres de la coalition ont aussi exprimé leur soutien au plan de réponse de M. al-Abadi pour la libération de la province d'Anbar et aux efforts déployés par le gouvernement irakien pour mobiliser et équiper les combattants tribaux dans cette province. Ils sont convenus d'appuyer ces efforts par l'intermédiaire du gouvernement irakien.
Avant la réunion, le chef de l'exécutif irakien avait souligné l' « échec de la communauté internationale » dans la lutte contre Daesh. « Concernant le soutien à l'Irak, il y a beaucoup de mots mais peu d'actions sur le terrain », a-t-il regretté. Selon lui, son pays n'est pas assez aidé en armements et en munitions. « Nous n'en avons pas reçu beaucoup, presque rien. Nous ne devons compter que sur nous-mêmes », a-t-il déploré, ajoutant ne pas demander d'armes. « Mais, s'il vous plaît, laissez-nous acheter des armes de manière plus facile », a-t-il demandé. Il a précisé que les sanctions américaines sur les armes russes, qu'utilisent les Irakiens, compliquaient la situation.
Les partenaires de la coalition ont, par ailleurs, rappelé la « nécessité urgente de trouver une solution politique au conflit syrien pour traiter les causes profondes de l'expansion de Daesh ». Ils ont noté « l'incapacité et l'absence de volonté du régime d'Assad » à lutter efficacement contre le groupe.
En plus de la campagne militaire en cours, les membres de la coalition ont souligné la nécessité d'empêcher l'afflux en Irak et en Syrie « de combattants terroristes étrangers », en bloquant les sources de financement de Daesh, « en luttant contre son idéologie criminelle et en traitant les crises humanitaires associées ». Selon M. al-Abadi, en Irak, 60% des combattants de Daesh seraient des étrangers. (Camille-Cerise Gessant)