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Bulletin Quotidien Europe N° 11326
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

L'épilogue sur le plan d'aide actuel espéré dans les prochains jours

Bruxelles, 02/06/2015 (Agence Europe) - Les derniers développements dans les discussions avec la Grèce pourraient représenter le signal que ces discussions aboutissent finalement à quelque chose. Si les déclarations contradictoires des uns et des autres, qui caractérisent le dossier grec depuis plusieurs semaines, semblaient viser à modérer l'optimisme, mardi après-midi, la possibilité d'un accord imminent était dans l'air.

Ces derniers développements sont intervenus après une réunion de haut niveau, lundi soir à la Chancellerie allemande, au cours de laquelle le président français, François Hollande, et celui de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, rencontraient la dirigeante allemande, Angela Merkel. En dernière minute, il a été annoncé que la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et le président de la BCE, Mario Draghi, avaient également été conviés. De son côté, la garde rapprochée du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, se réunissait lundi soir, mais n'a pas été informée de la teneur de la rencontre de Berlin, où les discussions se sont poursuivies après minuit. Le gouvernement grec annonçait dans la foulée avoir envoyé un plan complet de réformes, lundi.

Mardi à la mi-journée, la Commission refusait de commenter ce qu'elle décrivait comme une « profusion de documents ». « Beaucoup de documents sont échangés entre les institutions et les autorités grecques afin de clarifier comment mettre en oeuvre l'accord de l'Eurogroupe du 20 février », a commenté Annika Breidthardt, porte-parole de la Commission. « Le fait que des documents soient échangés est déjà un bon signe », a-t-elle ajouté, précisant que l'on « n'en n'était pas encore » à un accord.

La presse internationale rapportait mardi matin que les créanciers étaient en train de peaufiner une offre à présenter dans les prochains jours à Athènes. « Après avoir soumis une proposition complète pour un accord aux institutions hier soir, nous n'attendons pas d'eux qu'ils nous soumettent leur propre plan, la Grèce est celle qui soumet le plan », a déclaré Alexis Tsipras dans la journée de mardi, depuis Athènes. Les institutions (Commission, BCE, FMI) ont insisté depuis le début sur la nécessaire appropriation ('ownership') de la liste des réformes par les autorités grecques.

L'échange qui a lieu va plutôt dans ce sens: les Grecs présentent des propositions de réformes sectorielles que les institutions sont donc chargées d'évaluer du point de vue de leur ambition et portée. Les institutions travailleraient en outre à une proposition décrivant ce à quoi devrait ressembler un accord au niveau technique ('staff level agreement').

« Il y a eu des progrès, mais ce n'est pas suffisant », a tranché le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, mardi, à la télévision néerlandaise. Le matin même, le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, avait notamment évoqué la question de la réforme des pensions, expliquant sur France Inter que le gouvernement grec avait mis sur la table des propositions et que les pour et les contre étaient en discussion.

Même si les créanciers se mettent d'accord entre eux, cela ne veut pas dire que la Grèce acceptera automatiquement l'offre, note le Financial Times, expliquant que le texte contiendrait des idées que la Grèce n'aurait pas encore acceptées. La question centrale de l'excédent budgétaire primaire serait par ailleurs plus acceptable pour le côté grec, qui plaide depuis le début pour des objectifs réalistes et permettant de desserrer la bride de l'austérité. Selon le FT, les créanciers seraient d'accord pour revoir l'objectif d'un tel excédent fixé à 3% du PIB et de le fixer un peu en deçà de 1%, avec un objectif à moyen terme de 3,5%. Si l'objectif est revu à la baisse, cela ne voudra pas dire pour autant un effort moindre pour la Grèce, qui est pour le moment en déficit et devra donc continuer à se serrer la ceinture pour s'en sortir.

La Grèce espère un accord avant le 5 juin, date à laquelle elle doit rembourser 300 millions d'euros au FMI, échéance à laquelle elle peut en principe faire face, les suivantes semblant être plus difficiles à respecter. Pour rappel, il reste 7,2 milliards d'euros de fonds dans le plan d'aide actuel qui expire le 30 juin, de même que 10,9 milliards d'euros réservés pour les banques.

L'idée d'une nouvelle prolongation du programme actuel, une troisième en l'occurrence, commencerait peu à peu à circuler, même si aucun mouvement concret n'a encore été fait en ce sens. Les institutions semblent partir du principe qu'il faut aller le plus loin possible avec le temps qui reste, mais l'option la plus réaliste semblerait d'étendre le programme actuel, afin de se laisser le temps de discuter de ce qui adviendra après le 30 juin, une sortie sans filet du programme paraissant exclue.

Le Financial Times croit savoir que cette extension pourrait prévoir que les 10,9 milliards réservés pour les banques pourraient être convertis afin de servir à d'autres objectifs, notamment faire face aux échéances de l'été (3,5 et 3,2 milliards à rembourser à la BCE en juillet et août). Il faudrait un accord unanime des membres de l'eurozone, ainsi que le feu vert de certains parlements nationaux, mais c'est une possibilité, explique-t-on au sein de l'eurozone. (Elodie Lamer)

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