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Bulletin Quotidien Europe N° 11326
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Lait, les producteurs sont dans une situation difficile (Copa)

Riga, 02/06/2015 (Agence Europe) - Il est trop tôt pour évaluer les effets de la fin des quotas de production, mais les producteurs traversent en ce moment une situation difficile, a souligné, lundi 1er juin à Riga, le président du groupe de travail lait du Copa-Cogeca, Mansel Raymond.

Il a demandé à nouveau que la Commission européenne évalue le niveau du prix d'intervention (actuellement 21 centimes) afin qu'il corresponde davantage à la situation sur le terrain (mais le niveau de la hausse souhaité n'a pas été précisé).

M. Mansel Raymond a répété que l'argent du superprélèvement (montant à payer par les producteurs en cas de dépassement des quotas laitiers), estimé à 700 millions d'euros cette année, reste dans les mains des producteurs de lait, notamment pour les aider à trouver de nouveaux marchés (l'embargo russe sur les produits agricoles de l'UE a fortement frappé les producteurs de ce secteur). Il a indiqué que la baisse des prix des aliments pour animaux ne permet pas de compenser la chute des prix.

En outre, la production de lait a baissé entre janvier et mars de 1,3% (avec une réduction de 3,8% en mars). Les exportations de l'UE se portent bien, a-t-il rappelé, et ce, malgré l'embargo russe. La production de lait dans l'UE a représenté en 2013 15% de la valeur totale de la production agricole de l'UE.

Un prix de 31 centimes ne peut pas couvrir des coûts de production de 46 centimes

En janvier 2015, le coût de production moyen du lait en Allemagne s'élevait à 45,64 centimes/kg de lait. C'est ce qu'indique une étude récente réalisée par le bureau allemand BAL (Büros für Agrarsoziologie & Landwirtschaft) à la demande notamment de l'European Milk Board (EMB).

Avec un prix du lait moyen de 31,03 centimes/kg, les producteurs font donc face à un important déficit. Ainsi, en Allemagne, le rapport prix/coût montre une couverture des coûts de seulement 68%. Le président de l'EMB, Romuald Schaber, estime dès lors que la situation reste « très critique ». Il rappelle son souhait de mise en place d'un « programme de responsabilisation face au marché » (PRM). Ce dernier consiste en une réduction volontaire de la production, qui éviterait une surproduction en temps de crise. « Cette mesure efficace permettrait à tous les producteurs d'atteindre un meilleur prix en peu de temps », selon l'EMB. (Lionel Changeur)

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