Bruxelles, 18/05/2015 (Agence Europe) - Le gouvernement grec est d'avis qu'un accord avec ses créanciers institutionnels devra être trouvé d'ici à fin mai afin d'éviter le défaut de paiement.
« Il faut qu'il y ait une solution en mai afin que nous puissions résoudre nos problèmes de liquidités », a dit Gabriel Sakellaridis, le porte-parole du gouvernement grec, lundi 18 mai, lors d'une conférence de presse à Athènes, rapportent les médias grecs. Selon lui, les autorités grecques seront en mesure de payer les salaires et les retraites de mai quoi qu'il arrive. Excluant l'instauration d'une taxe sur les dépôts bancaires pour lever des fonds, il a ajouté que le gouvernement grec ne signerait pas un 3ème plan de sauvetage.
La Grèce et ses créanciers institutionnels sont engagés depuis 4 mois dans des négociations sur les réformes que la coalition gouvernementale, dirigée par le parti Syriza de la gauche radicale, mènera pour relancer l'économie. Faisant valoir que l'austérité économique a contribué à l'émergence d'une crise humanitaire dans le pays, Athènes veut appliquer des réformes conformes à ses promesses sociales mises en avant lors de la campagne. Les créanciers d'Athènes n'y sont pas totalement opposés, mais refusent que ces réformes aboutissent à une remise en cause de la stabilité des finances publiques du pays. Un accord ouvrirait la voie au déblocage d'une aide totale de 7,2 milliards d'euros, dont 3,6 milliards du FMI.
M. Sakellaridis a également souligné qu'Athènes maintenait ses « lignes rouges » dans les négociations avec ses partenaires: refus de toute réduction des retraites et exigence d'un projet incluant des objectifs de croissance économique, d'un objectif viable d'excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) et d'une restructuration de la dette.
Selon le Financial Times, l'idée de soumettre à la Grèce un projet d'accord 'à prendre ou à laisser' - comme cela fut le cas lors des négociations sur le plan de sauvetage chypriote - a été évoquée.
La Commission européenne positive
Interrogée sur l'avancée des négociations, la Commission européenne a fait état de « discussions constructives en cours ». « Des progrès ont été réalisés, même si cela est réalisé à une vitesse trop lente », a considéré le porte-parole de l'institution européenne, Margaritis Schinas. Il n'a pas exclu que le sommet du Partenariat oriental, qui se tient en fin de semaine à Riga, puisse être l'occasion pour les leaders européens d'évoquer le dossier grec, sans miser pour autant d'espoir particulier. Et d'ajouter: « Ce qui est important, c'est que la Grèce ait payé le FMI. Il est important qu'elle honore ses engagements dans le cadre du programme existant ». En juin, outre ses dépenses de fonctionnement, Athènes devra rembourser 1,5 milliard d'euros au FMI, dont 300 millions le 5 juin. (Mathieu Bion)