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Bulletin Quotidien Europe N° 11316
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Migrations, Paris et Madrid prudentes sur la question des quotas

Bruxelles, 18/05/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a minimisé, lundi 18 mai, les récentes déclarations du Premier ministre français, Manuel Valls, selon lesquelles Paris s'opposerait à l'instauration de « quotas de migrants », se montrant au contraire confiante sur le soutien de la France à l'une des propositions phares de son Agenda européen sur les migrations.

Samedi 16 mai lors d'un déplacement à Menton, M. Valls avait indiqué que la France s'opposait aux quotas de migrants, dont le principe a été posé le 13 mai par la Commission dans son Agenda européen sur les migrations (EUROPE 11314). Selon lui, cette vision « n'avait jamais correspondu aux propositions françaises ». Deux jours plus tôt, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait au contraire publiquement soutenu cette idée de quotas.

« Nous avons été en contact avec Manuel Valls et son cabinet », a indiqué lundi le service de porte-parole de la Commission et « lui avons expliqué qu'il n'y a pas d'incompatibilité ». « On ne prépare pas un système pour tous les migrants mais pour un groupe spécifique de migrants en besoin de protection internationale, en situation d'urgence et sur une durée limitée », a expliqué la porte-parole du commissaire grec Dimitris Avramopoulos chargé du dossier. La Commission semble ainsi confiante que Paris pourra apporter son soutien à ses propositions.

Paris dit oui aux quotas de réfugiés hors UE, non aux quotas de migrants déjà sur place

La position de la France reste toutefois à éclaircir. Paris redoute en effet que le mécanisme d'urgence proposé par la Commission - qui vise à soulager l'Italie, Malte ou la Grèce débordées actuellement par les arrivées de migrants - laisse entrer des personnes qualifiées de « migrants économiques » n'étant pas en situation d'asile politique et venant essentiellement chercher du travail en Europe.

Paris, à ce stade, est en effet ouverte à un système de quotas pour les réfugiés, notamment syriens, abrités actuellement dans les pays tiers et dans les camps de l'agence UNHCR. Dans ce cas précis, la France est favorable à une répartition équitable entre les Vingt-huit. Elle semble, en revanche, beaucoup plus prudente en ce qui concerne les migrants, dont certains peuvent pourtant légitimement prétendre à la protection internationale, déjà arrivés sur les côtes européennes. Sur cet aspect, le terme de « quotas » ne serait pas recevable pour Paris, a expliqué une source diplomatique lundi en marge du Conseil Affaires étrangères (voir autre nouvelle). « Mais on en discutera encore fin mai », a ajouté cette source lorsque la Commission officialisera ses propositions de quotas. La France soutient en revanche sans retenue le projet de 'hot spot', présenté mercredi 13 mai, et qui consiste à aider les pays situés en 1ère ligne à identifier rapidement les migrants pouvant prétendre à l'asile et ceux devant être rapidement renvoyés vers leur pays d'origine.

Lundi, le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, a espéré que la France ne reculait pas sur la question des quotas de migrants. « Je crois qu'il s'agit plutôt d'une demande de précision que d'un non », a-t-il dit, cité par l'agence Ansa.

L'Espagne prudente elle-aussi

L'accueil que les États membres ont réservé vis-à-vis de l'Agenda 'migrations' de la Commission lors du Conseil Affaires étrangères a été « plutôt frais », a ajouté la même source. À ce stade, hormis le Royaume-Uni qui a été très vocal sur ce sujet et a catégoriquement rejeté les plans de la Commission, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque ou la Lettonie sont en effet les autres pays ayant d'importantes réserves sur ces systèmes de quotas.

L'Espagne a également fait valoir qu'elle ne rejetait pas - en principe - le système de quotas et se montrait prête à être solidaire, mais elle juge les critères retenus par la Commission insuffisants. Madrid souhaiterait en effet que le taux de chômage compte davantage dans les critères de répartition par pays alors qu'il ne compte qu'à 10% dans le calcul total, contre 40% respectivement pour le PIB national, 40% pour la taille de la population et 10% encore pour le nombre de migrants déjà accueillis. « On a besoin d'un effort proportionné et réaliste », a dit le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo.

Les États membres ont été appelés par la Commission à trancher rapidement cette question. La Commission aimerait en effet une décision des Vingt-huit d'ici au sommet européen de fin juin pour pouvoir activer ces mécanismes dès juillet. (Solenn Paulic)

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