Bruxelles, 18/05/2015 (Agence Europe) - Le commissaire à l'Énergie, Maros Sefcovic, a dressé un inventaire, lundi 18 mai, des initiatives menées au niveau européen en vue de la concrétisation d'une Union de l'énergie.
Il a démarré un tour des capitales européennes visant à promouvoir le dialogue avec l'ensemble des parties prenantes, qui constitue l'un des faits saillants de cette initiative prioritaire de la Commission 'Juncker'.
« L'Union de l'énergie ne devrait pas et ne doit pas être mise en oeuvre depuis Bruxelles », a déclaré le commissaire, prônant un dialogue « intensif » avec les gouvernements et les parlements nationaux, la société civile et le Parlement européen. Entamé début avril (EUROPE 11287), ce tour des capitales européennes a pour objectif de démontrer que l'Union de l'énergie apportera des bénéfices réels, si « une approche transfrontalière » est réellement poursuivie, a indiqué le vice-président de la Commission, pour qui « de nombreux obstacles demeurent ».
Afin de réduire le nombre d'obligations - plus de 200 selon le commissaire - incombant aux États membres, il a vu d'un bon oeil la requête qui sera faite aux États membres de présenter « un plan national en matière de politique énergétique et climatique », une initiative destinée à apporter « plus de cohérence ».
Sur le plan législatif, Maroš Šefèoviè a évoqué les propositions de la Commission sur les interconnexions électriques et sur sa vision d'un accord mondial sur le climat lors de la conférence onusienne COP21 de Paris, que son homologue au Climat, Miguel Arias Cañete, a présentées en février (EUROPE 11262). Avant l'été, la Commission présentera un paquet législatif qui inclura « des communications sur le marché de l'électricité et le marché énergétique de détail, ainsi qu'une révision des propositions sur l'étiquetage énergétique et le système d'échange de quotas d'émission », a-t-il ajouté. Il a indiqué qu'au deuxième semestre l'institution européenne entend dévoiler de nouvelles propositions, telles que le paquet législatif sur l'économie circulaire, une réglementation favorisant « la sécurité des approvisionnements en énergie y compris la question de la transparence des contrats gaziers » ainsi que sa stratégie sur « le gaz naturel liquéfié et le stockage ». Et de préciser qu'en 2016, outre la question de l'efficacité énergétique, la Commission se pencherait sur les accords intergouvernementaux que passe un État membre avec un fournisseur d'énergie étranger, accords qui pourraient inclure « une garantie ex ante » selon laquelle les États membres les négocieraient dans un « esprit européen ».
Sur le front diplomatique, la Commission entend attaquer de front les enjeux énergétiques et environnementaux. M. Sefcovic a estimé que le sommet du G7 de juin constituera un jalon en vue de la conférence de Paris et il a évoqué les discussions auxquelles a participé M. Cañete dans le cadre du dialogue du Petersberg à Berlin. Quant à la question de l'approvisionnement énergétique, il a espéré que, d'ici à la fin de cette décennie, le corridor gazier sud sera opérationnel afin de permettre l'acheminement d'« un nouveau gaz d'une nouvelle source provenant de la région de la Mer Caspienne ».
À noter que le commissaire avait réitéré son souhait que les négociations commerciales TTIP en cours puissent déboucher sur l'importation dans l'UE d'énergie en provenance des États-Unis. « Nous pensons que le chapitre 'énergie' du TTIP pourrait contribuer de manière importante à des échanges mutuels et bénéfiques », avait-il déclaré lors d'une interview qu'a publiée le WSJ lundi. (Mathieu Bion)