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Bulletin Quotidien Europe N° 11316
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Les ministres établissent une mission PSDC contre les trafiquants

Bruxelles, 18/05/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense ont décidé, lundi 18 mai, d'établir une opération navale militaire de l'UE - EUNAVFOR Med - pour briser le modèle d'affaires de passeurs et de trafiquants de personnes dans la Méditerranée.

Ainsi les ministres ont adopté le concept de gestion de crise et la décision d'établir l'opération. Cette décision va permettre le début officiel de la planification opérationnelle pour l'opération navale. Les ministres se sont aussi mis d'accord pour que les quartiers généraux opérationnels soient situés à Rome et que l'émiral italien Enrico Credendino prenne le commandement de EUNAVFOR Med. Les coûts communs de l'opération sont estimés à 11,82 millions d'euros pour la phase de démarrage de deux mois plus un mandat initial de douze mois.

La Haute Représentante, Federica Mogherini, a espéré que la décision de lancer l'opération soit prise lors du Conseil affaires étrangères du 22 juin prochain.

L'opération va comporter trois phases, a expliqué Mme Mogherini. La première serait « la recherche et la collecte d'informations et de renseignement » sur la trajectoire des bateaux, leurs capacités, ou encore les personnes impliquées, et l'organisation de patrouilles dans les eaux internationales. La deuxième phase consisterait à « bloquer et contrôler les navires », selon Mme Mogherini. Selon une source européenne, il s'agirait de l'arraisonnement, la fouille, la saisie et le détournement en haute mer des bateaux, à condition que ceux-ci soient sans pavillon ou que le pays dont le bateau arraisonné bat pavillon donne son accord. La phase deux comporte aussi la possibilité d'une intervention dans les eaux territoriales libyennes, ce qui nécessiterait un accord des Libyens ou une résolution des Nations Unies. La troisième phase consisterait en la neutralisation des bateaux, en les rendant inutilisables, a expliqué Mme Mogherini.

La Haute Représentante a expliqué que si le 23 avril, les chefs d'État et de gouvernement avaient parlé de destruction des navires, le point fondamental n'était pas tant la destruction des bateaux en eux-mêmes, mais celle des modèles économiques des organisations de trafiquants, en faisant en sorte que les embarcations ne puissent pas être réutilisées. Le ministre français des Affaires européennes, Harlem Désir, a précisé que la neutralisation des bateaux pouvait passer par la destruction de leurs moteurs. Pour le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, il s'agit « de mettre les bateaux hors service, pas de les bombarder ».

A son arrivée au Conseil, M. Asselborn a expliqué que les ministres devaient se concentrer sur la phase 1. « Je suis sûr que la première phase peut commencer immédiatement », a expliqué son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier. La planification de l'opération et la phase initiale de la surveillance et de l'évaluation des réseaux de passeurs et de traite des êtres humains seront réalisées dès que possible, souligne le Conseil dans son communiqué. Cependant, la phase 1 ne commencera pas avant le lancement de l'opération.

Les deuxième et troisième phases de l'opération seront « fondées sur le droit international et en partenariat avec les autorités libyennes », précise le communiqué du Conseil. Le passage d'une phase à l'autre dépendrait des conditions posées par une résolution des Nations Unies et nécessiterait une décision du Conseil, selon la source européenne.

« Il est clair que nous cherchons une légitimité internationale complète, qui peut se faire avec une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies », a expliqué Mme Mogherini, qui a précisé qu'il n'y avait plus de résistance politique « à l'hypothèse d'une résolution, également sous chapitre 7 ». Sans cette résolution, toutes les phases de l'opération ne pourront pas être lancées.

Mme Mogherini a précisé que l'UE recherchait aussi un partenariat avec les autorités libyennes. « Avec toutes les autorités libyennes concernées », a-t-elle ajouté, précisant que cela pouvait faciliter une résolution au Conseil de sécurité. L'UE chercherait ainsi, non seulement l'aval du gouvernement reconnu de Tobrouk, qui serait suffisante, mais aussi celui des autres composantes, dont le 'gouvernement' de Tripoli, celui de Misrata ou encore des municipalités. « Nous avons besoin de partager la responsabilité et de travailler ensemble », a-t-elle expliqué.

L'UE espère que la résolution soit adoptée avant le prochain Conseil Affaires étrangères.

« Il faut pouvoir intervenir au plus près des côtes c'est pourquoi nous demandons un mandat des Nations Unis pour pouvoir d'agir dans un cadre international qui nous permette d'agir, y compris dans les eaux territoriales », a précisé M. Désir. « Il faut d'abord sauver les personnes à bord et s'il le faut les ramener au port de départ », a-t-il ajouté. Pour les ministres irlandais et danois, les actions devraient avoir lieu avant que des migrants ne soient embarqués. (Camille-Cerise Gessant)

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