Bruxelles, 18/05/2015 (Agence Europe) - Les ministres de l'Éducation des pays de l'UE ont évalué, au cours d'une délibération publique du Conseil Éducation, lundi 18 mai, les avancées réalisées à mi-parcours par le cadre 'Éducation et formation 2020' (ET 2020), qui définit les priorités européennes en matière d'éducation et de formation à l'horizon 2020, et donné leur avis sur les orientations qu'il conviendrait de lui donner d'ici 2020.
« La Lettonie pense que c'est l'occasion idéale pour que les ministres, pour la toute première fois depuis 2009, puissent avoir leur mot à dire sur ce que la coopération européenne en matière d'éducation et de formation a réalisé jusqu'à présent et sur ce que les ministres pensent quant à son évolution future », a déclaré la ministre lettone, Marite Seile, qui présidait les débats. Le commissaire chargé de l'Éducation, Tibor Navracsics, a indiqué, pour sa part, que la Commission allait considérer soigneusement les avis exprimés par les États membres lors du débat, avant de publier ses propositions pour le rapport d'avancement conjoint 2015 prévu après la pause estivale, propositions qui seront examinées sous Présidence luxembourgeoise. « Beaucoup de choses ont changé depuis la mise sur pied du cadre ET 2020 mais les objectifs restent actuels, comme lutter contre le chômage des jeunes », a estimé M. Navracsics. Le commissaire s'est félicité du consensus atteint sur les trois questions soumises au débat par la Présidence lettone. « Ce fut un débat politique tout à fait fructueux », a-t-il ajouté.
Les ministres ont montré un consensus quant au maintien des quatre objectifs fixés par le cadre ET 2020 en 2009 (faire de l'éducation et de la formation tout au long de la vie et de la mobilité une réalité; améliorer la qualité et l'efficacité de l'éducation et de la formation ; favoriser l'équité, la cohésion sociale et la citoyenneté active ; encourager la créativité et l'innovation, y compris l'esprit d'entreprise, à tous les niveaux). Ceux-ci restent pertinents même si certains ministres souhaitent que ces objectifs soient plus ciblés (Allemagne) et s'inscrivent dans un cadre plus souple (Pologne), en relation avec les nouveaux défis identifiés, comme davantage de cohésion sociale et d'initiation à la citoyenneté.
Les États membres souhaitent par ailleurs une meilleure utilisation des résultats découlant de leur coopération, comme tirer un meilleur parti des bonnes pratiques et une meilleure diffusion de celles-ci et davantage de synergies avec les ministres de l'Emploi.
Ils ont également accueilli favorablement la proposition de la Commission d'étendre de 3 à 5 ans le cycle de travail d'ET 2020 pour une meilleure synchronisation entre le cadre et la stratégie générale 'EUROPE 2020' pour la croissance et l'emploi. La charge administrative pour l'élaboration des rapports nationaux sera réduite et la visibilité des travaux sera accrue, ont convenu les ministres.
Enfin, à la question d'évaluer les actions à entreprendre pour assurer une meilleure efficacité et qualité des systèmes éducatifs et de formation, les États membres expriment, là aussi, des avis convergents: lutte contre le chômage des jeunes, stages de qualité, multilinguisme, compétences numériques sont quelques-uns des défis sur lesquels il faudra travailler à l'avenir.
De nombreux États membres ont évoqué par ailleurs la nécessité de renforcer l'enseignement des valeurs citoyennes dans les programmes éducatifs, se référant aux dramatiques attentats en France et au Danemark, pour lutter contre la montée de l'extrémisme et de la radicalisation chez certains groupes de jeunes. Beaucoup se sont dits attachés à la réalisation des objectifs de la Déclaration de Paris, adoptée le 17 mars suite à la réunion extraordinaire des ministres de l'Éducation après les attentats terroristes (EUROPE 11276). À l'issue de la session de travail, la France et la Commission ont publié une déclaration sur les suites à donner à la Déclaration de Paris. En substance, « Il nous est apparu essentiel d'inscrire cet élan dans une perspective opérationnelle et de traduire la ' déclaration de Paris' en mesures concrètes à l'échelle européenne (…) Nous pouvons nous féliciter d'être parvenus, lors de ce Conseil, à une concertation demandant à la Commission d'élaborer un ensemble de mesures concrètes en faveur de l'éducation à la citoyenneté, de la tolérance et de la lutte contre les discriminations », ont déclaré la France et la Commission. (Isabelle Lamberty)