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Bulletin Quotidien Europe N° 11300
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CONSEIL DE L'EUROPE / (ae) conseil de l'europe

L'APCE appelle à plus de solidarité envers les réfugiés fuyant la terreur de l'État islamique

Strasbourg, 22/04/2015 (Agence Europe) - Un an après s'être penchée sur la question des réfugiés syriens, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) est revenue sur la question, en s'attachent plus précisément aux « Conséquences humanitaires des actions menées par le groupe terroriste connu sous le nom d'État islamique ».

Pour le rapporteur du texte, le Français Jean-Marie Bockel (Parti populaire européen), « tous les paramètres se sont dégradés en un an » mettant « tous les voyants au rouge ». Son rapport débattu mardi 21 avril dans après-midi dresse en effet un panorama de la situation particulièrement inquiétant. Les chiffres d'abord, ils sont glaçants. Pour la seule année 2014, « le conflit a atteint un sinistre record avec 76 000 morts dont 3 500 enfants », précise le texte qui ajoute que, selon le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), plus de 4 millions de personnes ont fui la Syrie où l'on compte en outre près de 7,5 millions de personnes déplacées.

Jean-Marie Bockel n'a pas pu se rendre dans ce pays pour les raisons que l'on devine, mais il a visité les camps de réfugiés en Turquie et a tenu à souligner « le travail tout à fait remarquable du point de vue sanitaire, social, éducatif, sécuritaire » réalisé par ce pays moyennant « des coûts tout à fait considérables à sa charge ».

Mais la Turquie est une exception parmi les pays voisins de la Syrie où affluent les réfugiés. Au Liban, « il n'y a pas de camps de réfugiés mais des 'non camps' », a précisé Jean-Marie Bockel, « des structures informelles qui réunissent tout de même 1,1 à 1,2 millions de réfugiés dans un pays qui compte moins de 4 millions d'habitants et qui s'en trouve dès lors totalement déstabilisé ».

La Jordanie compte, pour sa part, actuellement quelque 650 000 réfugiés syriens - 100 000 de plus qu'il y a un an -, mais elle a restreint l'accès à son territoire, notamment pour des raisons de sécurité, puisque, signalent les autorités, le nombre de procès impliquant des Syriens dans ce pays a augmenté de 132 % entre 2011 et 2014.

« À l'intérieur des ces camps surpeuplés - confiait en effet Jean-Marie Bockel en marge des débats - le pire est en effet présent. La dimension mafieuse peut y exister, de même que des exactions en tous genres ou l'exploitation des plus faibles, femmes et enfants. ».

« En Turquie, l'afflux de réfugiés a provoqué des tensions avec certains autochtones », précise également le rapport, « une des raisons en étant le nombre croissant d'enfants syriens qui sillonnent les rues des grandes villes comme Ankara ou Istanbul n'ayant comme unique possibilité que la mendicité ou la recherche de nourriture abandonnée ».

Les moyens manquent donc pour faire face à cette catastrophe humanitaire et, dans une résolutions adoptée par 67 voix contre 2, l'APCE a réitéré son appel aux 47 États membres du COE pour qu'ils fassent preuve de solidarité en augmentant notamment les fonds alloués aux organisations humanitaires travaillant dans la région.

Reste que la charge de ces réfugiés ne peut être portée uniquement par les pays voisins de la Syrie, souligne le texte qui appelle « l'Europe à réagir », notamment en n'imposant pas aux Syriens ce « visa de transit aéroportuaire » qui permet aux États de renvoyer vers les pays de départ les personnes qui en sont dépourvues. « Pour ceux qui parviennent à rejoindre l'Union européenne (UE), la protection n'est pas celle escomptée », est-il encore précisé, car, si l'Allemagne et la Suède s'y emploient, les autres pays sont loin de le faire, préférant accorder une protection subsidiaire ou des titres de séjour pour des raisons humanitaires, plutôt qu'un véritable statut de réfugié.

À la veille du sommet des ministres des Affaires étrangères de l'UE, convoqué suite aux drames survenus en Méditerranée ces derniers jours, Jean-Marie Bockel a déclaré qu'« on sait que cette réunion ne réglera pas, à elle seule, la question des causes de ces situations », mais que l'on peut « espérer que l'UE donne un 'bon exemple' en matière humanitaire et marque enfin une volonté de travailler ensemble pour trouver des solutions de fond. » C'est une « prise de conscience » qu'il espère tout autant que « des mesures efficaces à l'encontre des passeurs de migrants ». « Il faut les arrêter avant ou pendant les déplacements - dit-il - et cela passe forcément par une mutualisation des moyens des pays de l'UE, mais aussi du COE. On a su trouver des solutions efficaces pour juguler la piraterie dans le Golfe d'Aden, ce doit être possible à l'encontre des passeurs de Méditerranée. »

Pour Jean-Marie Bockel, face à l'ampleur de la crise syrienne, il est important, au stade actuel, de « ne pas laisser les phénomènes s'amplifier ». S'attaquer au problème des passeurs est un des « leviers sur lesquels il faut agir », de même qu'il est important de ne pas laisser la situation humanitaire se dégrader. La responsabilité est collective, elle concerne les pays de la région, l'Europe des 28, celle des 47 et l'ensemble de la communauté internationale. « Et, au final - dit-il -, au delà des solutions politiques qu'il faudra finir par trouver, c'est au problème de la pauvreté dans cette région du monde qu'il faudra s'attaquer. Pourquoi pas par le biais d'un Plan Marshall porté par la communauté internationale ? ». (Véronique Leblanc)

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