Bruxelles, 21/04/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires européennes ont exhorté, mardi 21 avril, les dirigeants politiques de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) à répondre aux préoccupations de l'UE concernant la détérioration de la situation dans le pays, en particulier dans le domaine de la primauté du droit, des droits fondamentaux et de la liberté des médias.
« Le Conseil demande à toutes les parties à assumer leurs responsabilités respectives et à prendre des mesures immédiates en vue d'une solution durable, à s'engager de façon constructive pour relancer le dialogue politique et à rétablir la confiance dans les institutions par des mesures politiques adéquates », ajoutent les ministres dans les conclusions qu'ils ont adoptées. Les ministres précisent que toutes les allégations devaient être examinées par les autorités compétentes, « y compris les allégations d'actes répréhensibles potentiels, qui devaient être rendues publiques, dans le plein respect d'une procédure régulière, du principe de l'indépendance et de la présomption d'innocence ». Entre autres choses, le leader de l'opposition social-démocrate, Zoran Zaiev, est accusé de préparer un coup d'État (EUROPE 11244).
Se félicitant de la facilitation par des membres du Parlement européen - le rapporteur pour l'ARYM, Ivo Vajgl (ADLE, slovène), l'ancien rapporteur, Richard Howitt (S&D, britannique), et Eduard Kukan (PPE, slovaque) - des négociations entre les principaux partis du gouvernement et de l'opposition, le Conseil appelle aussi toutes les parties à faire preuve de retenue et à se concentrer sur la recherche de solutions à la crise politique en cours « dès que possible ».
Déjà, dans leurs conclusions du 16 décembre (EUROPE 11219), les ministres avaient souligné le besoin d'un dialogue politique « plus construit et inclusif », et appelaient le pays à prendre des mesures pour parer à une politisation accrue des institutions d'État et à des lacunes grandissantes sur l'indépendance de la justice et des libertés des médias.
Le Conseil, qui rappelle que la primauté du droit, les droits fondamentaux et la liberté des médias sont « des valeurs fondamentales de la démocratie au coeur de l'UE et de sa politique d'élargissement », précise qu'il reste saisi de la question et va y revenir dans les « prochains mois ». L'ARYM est candidate à l'UE depuis décembre 2005. (Camille-Cerise Gessant)