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Bulletin Quotidien Europe N° 11299
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) eurogroupe

Il n'y aura pas de décision sur la Grèce à Riga

Bruxelles, 21/04/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro n'auront pas grand-chose à se mettre sous la dent en termes de progrès dans les discussions entre la Grèce et les institutions (Commission, BCE, FMI) sur les réformes à mener, vendredi 24 avril à Riga.

Il ne se passera « pas grand-chose à Riga », a prévenu un haut responsable de l'UE, mardi 21 avril. « Il n'y a plus de temps à perdre. Ce n'est pas à Riga qu'on va aboutir, mais c'est à Riga qu'il faut avancer », a expliqué une autre source proche du dossier. La balle est en effet avant tout dans le camp des Grecs.

Les ministres n'auront droit qu'à un bref compte-rendu de la part des 'institutions' impliquées dans les négociations, notamment parce que la situation financière de la Grèce ne semble plus si urgente. « Il n'y a pas de problème devant nous », a expliqué cette seconde source, ajoutant ne pas être sûre que le ministre grec connaisse lui-même la situation budgétaire du pays. Cette première source de tempérer: il n'est pas certain qu'un ministre de n'importe quel État puisse connaître avec certitude l'état des finances publiques de son propre pays. De plus, dans le cas de la Grèce, c'est extrêmement volatile. « Les Grecs ont répété encore et encore qu'ils honoreraient leurs obligations » financière, a noté la 1ère source, qui ne voit pas de raison de craindre un autre scénario.

La Grèce a par ailleurs demandé, lundi 20 avril, aux entreprises et administrations publiques de transférer à la banque centrale leur excédent de trésorerie afin de faire face aux besoins en liquidités. La Commission européenne a juste précisé en avoir été informée, mardi midi. Un mouvement encouragé par les institutions depuis plusieurs semaines, selon ce haut responsable de l'UE.

Les discussions à Athènes entre les autorités grecques et 'les institutions' se déroulent mieux (EUROPE 11298). Les bailleurs de fonds du pays s'étaient plaints par le passé de ne pas avoir accès aux ministères, par exemple. Il y a une claire reprise de l'engagement des Grecs, mais on est toujours très loin de pouvoir dire qu'un résultat est en vue, concède ce haut responsable. Il n'y a toujours pas de clarté, par exemple, sur ce qui constitue les 70% du programme d'ajustement économique que le gouvernement est prêt à mettre en oeuvre, ou les 30% qu'il souhaite modifier. La date butoir fixée à fin avril par l'Eurogroupe ne pourra sûrement pas être respectée. Même s'il devait y avoir une réunion extraordinaire, elle nécessiterait une préparation et le temps semble trop court pour cela. La seule limite qui compte, dit ce haut fonctionnaire, est celle de la fin juin, quand le programme arrive à expiration. Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a toutefois dit, mardi sur la chaîne RTL, espérer un accord dans les prochaines semaines. Après l'expiration du programme, selon l'autre source, la Grèce aura besoin d'un accompagnement ultérieur.

Les ministres des Finances, à Riga, devraient également aborder le 3ème rapport de la mission de surveillance post-programme de l'Espagne. Ils prendront connaissance de l'évolution positive de la situation économique en Espagne et encourageront le pays à poursuivre les réformes, y compris sur le marché du travail. Une discussion avec la présidente du mécanisme unique de supervision des banques (MSU), Danièle Nouy, aura également lieu vendredi 24 avril au matin, avec la présentation du rapport annuel du MSU.

La question de la future présidence de l'Eurogroupe ne devrait pas officiellement être abordée à Riga. Elle le sera au mieux en juin, sinon en juillet, quelques jours avant que le mandat de M. Dijsselbloem n'expire. Si un successeur ne lui est pas trouvé avant cela, alors ce sera la présidence du Conseil qui reprendra le flambeau, dans ce cas-ci le ministre luxembourgeois Pierre Gramegna. (Elodie Lamer avec Mathieu Bion)

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