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Bulletin Quotidien Europe N° 11252
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Les dirigeants du 'format Normandie' parviennent à un accord de paix

Bruxelles, 12/02/2015 (Agence Europe) - Les présidents français, russe, ukrainien et la chancelière allemande sont parvenus, jeudi 12 février, après 16 heures de négociation à Minsk, à aboutir à un accord sur un cessez-le-feu et sur un règlement politique global du conflit dans l'est de l'Ukraine.

Le cessez-le-feu sera effectif le 15 février à minuit. « Nous partons de l'idée que toutes les parties feront preuve de modération jusqu'au cessez-le-feu complet », a précisé le président russe, Vladimir Poutine. Selon le président français, François Hollande, le règlement global portera sur l'ensemble des questions, du cessez-le-feu jusqu'à la fin du contrôle des frontières, en passant par la décentralisation, le retrait des armes lourdes et la reprise des relations économiques.

« Toutes les questions ont été traitées dans ce texte qui a été signé par le groupe de contact et les séparatistes », a précisé M. Hollande. Le groupe de contact, composé d'émissaires ukrainiens, russes et de représentants de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a négocié à Minsk avec les rebelles séparatistes en parallèle des discussions des quatre dirigeants. Le groupe de contact trilatéral va continuer ces travaux. De leur côté, les dirigeants se sont engagés à vérifier la mise en oeuvre du règlement politique global.

Selon le président ukrainien, Petro Porochenko, le retrait des armes lourdes commencera le 17 février et les deux camps auront 19 jours pour libérer leurs otages. L'accord impose aussi la création d'une zone tampon, avec le retrait des belligérants et des armes lourdes, d'une largeur de 50 à 70 km, contre les 30 km prévus par les accords de Minsk de septembre.

Dans leur déclaration de Minsk, en soutien au « paquet de mesures pour la mise en oeuvre des accords de Minsk », les dirigeants assurent que la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine seront respectées, et que des réunions de suivi de la mise en oeuvre de l'accord seront organisées régulièrement. De plus, les présidents et la chancelière « partagent la conviction que l'amélioration de la coopération entre l'UE, l'Ukraine et la Russie sera propice au règlement de la crise ». Ainsi, ils approuvent la poursuite des pourparlers trilatéraux entre l'UE, l'Ukraine et la Russie sur les questions énergétiques et les discussions trilatérales entre l'UE, l'Ukraine et la Russie en vue de parvenir à des solutions pratiques aux préoccupations soulevées par Moscou sur la mise en oeuvre de l'accord de libre-échange entre l'Ukraine et l'UE.

Les prochains jours seront cruciaux

M. Hollande a jugé cet accord comme un « espoir sérieux, même si tout n'est pas encore accompli ».

« Mais l'accord ne garantit pas qu'il y aura dans les jours prochains un succès durable. Cela suppose que nous continuions à être vigilants, à exercer la pression et à poursuivre le mouvement qui a été engagé grâce à l'initiative que la chancelière et moi-même avons pu lancer », a ajouté M. Hollande, en arrivant au Conseil européen informel, jeudi 12 février. « Nous sommes dans un moment qui est crucial, celui où un accord a été obtenu - je crois que c'est une lueur, et plus qu'une lueur d'espoir - et en même temps un moment où tout peut encore se décider dans un sens ou dans un autre, et les prochaines heures seront déterminantes », a prévenu M. Hollande.

« Mais même au-delà de ces prochains jours, il sera très important - et c'est le sens aussi de ce Conseil européen (voir autre nouvelle) - que nous puissions continuer à exercer la pression nécessaire, la vigilance indispensable pour qu'il y ait la paix en Ukraine. Mais nous avons déjà engagé ce processus, je crois que nous sommes sur le bon chemin », a-t-il ajouté à Bruxelles.

Cet accord « donne de grands espoirs, mais il reste des efforts importants à faire », a souligné la chancelière allemande, Angela Merkel. « Il y a encore beaucoup de travail devant nous, mais cela représente une véritable chance d'améliorer la situation », a-t-elle ajouté.

Mme Merkel et M. Hollande ont salué les efforts du président ukrainien Petro Porochenko, qui « a tout fait pour parvenir à une solution bénéfique à son pays », selon la chancelière. M. Hollande a également salué le président russe, Vladimir Poutine, « qui a fait pression autant que nécessaire sur les séparatistes ». M. Poutine va continuer ses contacts avec les séparatistes.

Accord salué par les Européens, qui demandent que les paroles deviennent des actes

Lors de leur arrivée au Conseil européen informel, les Européens ont salué l'accord, tout en faisant preuve de prudence. Ils ont demandé que les mots de l'accord deviennent des actions sur le terrain. Cet accord « nous donne de l'espoir, l'espoir c'est bien, c'est même vital, mais ce n'est pas assez, le test réel est le respect du cessez-le-feu sur le terrain », a expliqué le président du Conseil européen, Donald Tusk, ajoutant que les premiers accords de Minsk n'avaient pas été respectés. « Il faut de l'action sur le terrain plutôt que des mots sur le papier », a expliqué le Britannique David Cameron. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a salué cette « excellente nouvelle ». Le Finlandais Alex Stubb s'est montré très circonspect. « La clé est maintenant de donner une chance à la paix. Nous avons un cessez-le-feu et un plan de paix. Mais nous sommes dans une phase critique, si le cessez-le-feu ne dure pas, nous aurons un conflit gelé entre la Russie et l'Ouest à l'avenir », a-t-il prévenu.

Soulignant que l'accord était « certainement un pas dans la bonne direction », la Haute Représentante, Federica Mogherini, a précisé que l'UE regardait déjà « les outils et moyens pratiques pour que la mise en oeuvre de l'accord soit faisable, pour le soutenir, pour aider et soutenir ces efforts ». Elle a expliqué qu'elle allait proposer aux chefs d'État et de gouvernement des « mesures concrètes » qui peuvent être prises du côté européen pour surveiller et mettre en place l'accord. (Camille-Cerise Gessant avec Lionel Changeur)

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